Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 11:27

 

La belle saison, dit-on.

 

Je ne me retrouve ni dans les juilletistes ni dans les aoûtiens, très peu pour moi de ramer 11 mois pour partir un seul ailleurs, si possible là où je vais avoir encore plus chaud que chez moi au frais, pour raquer royalement le pognon économisé, subir les attentes interminables pour cause de grève des transports tout azimuth… et risquer de me faire flinguer – remarquez qu’on a le choix cette année : Barcelone, la Finlande, la Russie, et je dois en oublier.

Rentrer toute zébron et filer chez le dermato pour vérifier que nulle saloperie n’est en train de me germer dans le dos…

 

L’été est pour moi un juteux créneau d’appoint : avec tous ceux qui partent, les remplacements s’alignent les uns derrière les autres. De quoi me réserver de jolies plages à l’automne, pour aller voir les potes du bout de l’Europe, et goûter la convivialité belge, par exemple ; et prendre des nouvelles d’une amie qui sort de chimio, un sein en moins. Et me garder de quoi aller voir fleurir les pommiers en avance en Toscane en avril…

 

Demain je recontacte la nouvelle récente copine du Nick, le matin d’abord pour discuter d’un poste à 40% dans sa boîte comme formatrice en techniques de recherche d’emploi (si je ne suis pas tout-à-fait au parfum après 3 périodes de chômage prolongé, alors je suis quoi…). Et le soir on se recroise chez Nick, je vais leur préparer un ceviche et un jambalaya, histoire aussi de fêter les 17 ans de la grande, de lui remettre son cadeau (l’intégrale d’ « Outlander », vu le plaisir qu’on avait eu à regarder la première saison ensemble). En espérant aussi détendre la jeune fille, ombrageuse de caractère et qui reviendra tout juste de sa rentrée scolaire…

Ainsi on va finir de noyer le sombre poisson qui nous guettait – j’ai eu du mal à digérer la perspective de moins le voir, puisqu’il réserve ses rares moments de détente pour rencontrer son amoureuse. Et on en avait profité pour se dire, au final, que nous n’avions pas envie l’un de l’autre, puisque c’est semble-t-il la question majeure que de mon côté en tous cas, mes amis me posent (vous couchez pas ensemble ?)… Ben, non, heuh… Dans ma configuration des relations de couple, ça restait une éventualité, alors que pas dans la sienne – donc au cumulé, la réponse est « Non ».

Il m’a fallu lui poser certaines questions, il a dû répondre en se fouillant honnêtement, puis poser les siennes, et ça a été à mon tour de me scanner… pour que je puisse démêler mes ressentis et mes sentiments, et faire la part des choses en-dehors de l’influence de mes copines-qui-me-veulent-du-bien.

En fait, je crois que j’étais simplement envieuse de ce qui arrivait à mon meilleur pote, qui retrouvait l’amour après une année de solitude et à la veille de la résolution d’une procédure de divorce qui dure depuis 4 ans.

Anecdote marrante qui me revient : un jour avant d’aller faire un bowling, en errant les 4 dans un magasin de jouets, son fils m’appelle « Maman ? » et je réponds « Oui ? ». La grande était morte de rire, le Nick souriait, le gamin était toute rouge et tout confus comme le rat de l’angélus, et moi toute hilare de cette spontanéité mutuelle.

Bref, loin des rôles stéréotypés, le puzzle se réorganise. Ce que je voyais venir, c’est que sa chérie et moi on ferait contact professionnellement avant de se rencontrer pas son biais à lui. Dimension qui lui avait échappé au départ, et sur laquelle j’avais rapidement attiré son attention, vu le poste de la dame et mon propre créneau… les mandats étant malgré tout rares, je ne pouvais éliminer cette possibilité de faire mon trou dans l’orbite pro qui m’intéresse. Il n’y avait juste pas pensé.

 

Accessoirement, et me rendant compte que je me complaisais dans la facilité de faire partie de cette famille, j’avais recommencé à prospecter sans conviction sur les sites de rencontre, précisant bien que je n’avais pas besoin d’un homme, mais que si je rencontrais quelqu’un avec qui la relation se nouerait au point de tenter de bâtir quelque chose, et bien j’y serais ouverte.

Pour le moment, je constate surtout qu’aucune discussion n’a abouti sur un élan mutuel, même si j’ai croisé plusieurs personnes intéressantes. Et même si l’échange prend de la valeur, la rencontre a toutes les chances de faire un flop, vu que les phéromones ont leur mot à dire. (J’avais écrit « leur rot à dire »…). C’est ainsi que ce matin, lassée par des mails où un correspondant bien précis, et charmant au demeurant, se cantonne dans une réserve imperméable tout en réclamant la rencontre, j’ai exprimé m’ennuyer, et demandé une pause dans la foulée.

 

Et là, en ce doux dimanche bleu et un peu venteux, je vais juste aller à l’épicerie tamoule, chercher mes cigarettes et mon tidéj, plus quelques victuailles qui tiendront jusqu’à demain midi. Demain rendez-vous chez lui avec le Nick à 15 00, pour avoir un moment juste les deux, avant de me mettre aux fourneaux.

Fin de l’été tout bientôt… en douceur et sans deuil… j’ai la chance d’aimer l’automne, d’apprécier la pause hivernale et de goûter fort le printemps. Je ne suis pas météo-dépendante, quelle chance…

 

 

Repost 0
Published by Clémentine
commenter cet article
27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 03:47

Quelles nouvelles ?

 

Boulot : je continue mon djob alimentaire, j’attends l’automne et la redéfinition du paysage de formation pour passer à autre chose… je savoure les parfois longs trajets dans la campagne du Gros-de-Vaud, je vois les blés ondulant au vent se transformer en gazon de paille hérissée et meules façon XXe, les orages passer, les tournesols éclatants flétrir, le soleil se coucher… même si je le savais intimement, je peux le formuler maintenant : si ça peut durer, c’est parce que je ne vais pas au bureau la plupart du temps, et que je croise le moins possible les gens.  C’est bien, ça diminue le risque d’impairs, car on est tombées d’accord avec ma cheffe : il faut faire cadeau de mon humour féroce à ceux qui le comprennent, car devant les absurdités du système, je cingle, et ça ne plaît pas toujours.

Sciée je suis, par exemple, de comprendre enfin que si la responsable opérationnelle n’est jamais contente avec mes transmissions, c’est que je ne lui mâche pas ce qui reste après tout son boulot - l’ayant exercé, je sais ce qu’il en est ; il faut prendre des décisions rapides, expertes, analytiques. Faire des zooms arrières sur les situations, elle n’est pas capable, car c’est une contrôleuse dans l’âme, une pinailleuse de première, et que comme on me l‘a expliqué, elle est frustrée de ne pas avoir été choisie comme responsable. Pas étonnant, elle manque tellement de diplomatie et d’entregent que la mettre en poste pour gérer une équipe qui sort de deux ans de maltraitance par une grande cheffe odieuse, ça aurait été précipiter le vaisseau de Charybde en Scylla…

 

Bon, à part ça, on vient encore m’emmerder avec la longueur de mes trajets ici et là, mais va savoir pourquoi dans le grand bureau à 20 km de la zone, on n’arrive pas à capter que tous les jours il faut ronger son frein derrière soit un tracteur (ou deux ou trois) soit au cul d’un camion qui va à 30 à l’heure dans la montée (20 s’il est chargé !) et autant à la descente, histoire de freiner avec la boîte à vitesses ; je parle même pas des déviations diverses, qui font florès, et dessinent sur la carte des trajets qui ressemblent à des pétales autour du cœur d’une marguerite. Autre point noir : prétendre que 5’ de coordination en début de tournée et autant en fin pour l’administration, ça suffit. Alors on triche, tout le temps, on « s’arrange », comme disent pudiquement les collègues… et que je te mets en heures de dispo tout le reste du travail réel induit par des tablettes qui merdent, le temps prévu trop court, voire les deux. Flicage tous les mois pour nous envoyer des chiffres à la con, qui reflètent notre rentabilité individuelle, sous un vocable litotique et ridicule : le taux de support.

On me fout la paix avec cette histoire de bagnoles à échanger pour partir en tournée, c’est déjà ça.

 

Bref : il m’est tombé du ciel une proposition de poste de liaison-coordination pour les femmes qui sortent d’accoucher. Le projet est encore balbutiant en pratique, ça recrute, mais il faut avoir une sacrée paire d’ovaires pour naviguer du téléphone au PC, et tout retraduire concrètement ! La conceptrice et formatrice défend en même temps la muette et la médecine en soûlant le monde avec ses injonctions mal compatibles de bien faire et de faire vite, tout de suite… et en voulant faire et faire faire en même temps, j’ai fini par la jarter de la console tellement ça me gonfle… aujourd’hui, on a ainsi perdu une collaboratrice potentielle, qui s’est trouvée HS bien avant le climax où les neurones doivent chauffer.

Quant à moi, j’ai une huitaine de jours à assurer en août, histoire de voir si ça peut coller sur le long terme à un rythme soutenu. Ça paie pas des masses, mais en période d’implantation, donc de deal avec des autorités qui doivent confondre cordons de la bourse avec ficelle autour des couilles, on peut pas demander le salaire qu’on mérite : à peine 250 balles pour 8 à 10 heures de chauffe de ciboulot, à grignoter ici et là et devoir signaler aux gens que si on ne répond pas c’est qu’on est allés aux chiottes, c’est assez moyen, et ça devrait grimper d’au moins 70 de plus pour être normal. Mais vu que personnellement, j’ai d’autres moyens de gagner ma vie, je me sens pas trop gênée…

 

Côté guignols : je cause avec divers messieurs, les trop-pressants prennent la porte avec effet immédiat. Plus rarement, un dialogue s’installe, rien de transcendant ; sauf les deux derniers, un flash unilatéral (mais pas inintéressant) du premier, qui a fini par s’effondrer après un souper, pas prêt pour une nouvelle relation, encore en deuil de la dernière qui a duré 8 ans. Et un flash mutuel avec un second, sur le « papier », les concordances intellectuelles et spirituelles paraissaient évidentes… un peu trop peut-être ? Méfions-nous de ceux qui se proclament "magicien de la bite", car côté sensualité ça peut craindre. Je n’aime pas d’entrée de jeu me faire rouler une pelle et empoigner un sein avec brutalité, aux antipodes absolues de ce que je lui avait très précisément décrit dans le chapitre « ce qui me rend toute chose » – ça me fait redescendre à – 243 C°. Les trous de mémoire ont bon dos : salut ! D’autant plus que ses airs de vieux vicelard frénétique m’avaient bien fait rire, ainsi qu’une tonalité et un débit de voix de demeuré. Ajoutez à ça un paréo qui sentait le govion (en bon vaudois, la lavette moisie), et ben on est mal. Bref, il n'a pas eu l'occasion de me montrer sa magie, je suis partie avant...

 

Allez, la suite !

 

 

Repost 0
Published by Clémentine
commenter cet article
18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 08:30

Et ça continue…

 

Hier, 2 heures avec ma hiérarchie terrain et ma hiérarchie bureau, et une heure de déplacement, pour en sortir résignée ; on me demandait pourquoi sur ma feuille d’heures ceci ou cela était absent, ou trop longuement présent. 3 heures payées à plein, pour augmenter ma non-rentabilité ???

Tout était justifiable, mais il paraît que je suis trop précise …. Mais je fais comme on me l’a demandé il y a un mois ! J’adore mettre les gens et les systèmes devant des contradictions à corriger, mais là ça pue la prise d’otages.

Au final, avec les recommandations reçues il y a quelques semaines, mon taux de support (un terme qui cache le flicage de la chasse au rendement) a explosé presque du double pour le mois passé.

J’ai exprimé avec humour cynique que je trouvais que les doubles-messages pleuvaient : faut utiliser les voitures du boulot le plus possible, mais éviter de venir les chercher là où elles sont – par exemple. Sous prétexte d’épargner nos propres voitures…, mais en fait il faut les rentabiliser… mais attention, utilise la tienne si tu vas chez un client qui est sur ton chemin entre la maison et le reste de ta tournée.  Aha, et si c’est pas le cas du tout ?

 

Mais tout ça, je dois le leur expliquer en 5’ montre en main en fin de garde. Donc je suis incitée à réduire sur le papier le temps effectif pris pour le faire, pour cadrer avec le système. Et même dire que si j’ai apparemment pétouillé au bureau, c’est parce que ça prend dix minutes de plus pour sortir le véhicule du garage, et mettre le mien à la place. Que 5', mes fesses !!!

 

Toujours tort, quoi.

 

Et puis ils savent bien, merdenfin, que le trajet entre la limite de la zone et le bureau-garage peut passer du simple au double, tout comme les trajets en soi, vu que la zone est truffée de déviations, de tracteurs à 30 km/h, de poids lourds qui vont pas beaucoup plus vite, dans une montée bien raide… donc venir m’emmerder parce que je mets 18’ un soir pour rallier le bureau, oh hé hein ? Bon.

 

Donc il faut tricher… ce que font déjà les collaborateurs… avec la bénédiction de la hiérarchie qui ne veut pas se faire taper sur les doigts par la super-hiérarchie… et les RH… seulement on appelle ça « s’arranger ». Le mot politiquement correct pour frouiller, ouais !

 

Au secours. On croyait les cornettes hors-jeu pour la nouvelle donne des soins, mais « Tout pour Jésus » est devenu « Tout pour cacher la merde », dans un système qui par ailleurs prône l’authenticité et le proverbe shadok «  Quand il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème ».

Leadership bienveillant, heuh, j'ai un doute, là. Les meilleurs sont broyés par le système, sans contestation possible! Quand on parle, oui... mais pour le reste, c'est de l'or en barre pour les manipulateurs. Si j'avais des parts dans l'entreprise, j'accepterais sans problème. Mais c'est pas le cas, et même si c'était possible, c'est pas demain la veille que je m'y mettrais. Tous les systèmes de soins à dom' ont le même souci, j'ai une consoeur et amie qui est en procès avec le concurrent pour 50 heures non-payées, résultat du fait que si elle doit parquer sa voiture à Pétaouchnok pour rejoindre un client, le temps d'y arriver et d'en revenir à la bagnole lui est compté en pauses!

 

Attends, c'est pas fini... je suis censée être dans la zone d'intervention, et disponible, dès 17 30, comme si j'étais au bureau... mais pas au bureau qui est à 6 km, car le déplacement coûte en temps et en distance... alors je fais quoi en attendant d'aller chez le 1er client? Je me mets sur un parking en bordure de sortie d'autoroute, en plein cagnard et j'attends une demi-heure?  Quand j'ai dit ça à ma référente terrain, elle en est restée sans voix, sans savoir quoi dire... Si je me pliais à toutes leurs injonctions complexes, finalement, je leur coûterait 15 CHF de moins... et je me choperais une insolation?

 

Houlà, mais c'est génial, on  n'a plus besoin ni de Jarry ni de Ionesco... on est auto-suffisants en matière d'absurdité.

 

Au final, je ne décompte pas tout le temps consacré au travail réel. Et si je n’avais pas la possibilité de me rattraper ailleurs, donc de cacher la merdauchat sous le tapis, et ben j’en serais de ma poche de bénévole d’une demi-heure par demi-journée de travail. Et j’offrirais gaillardement 12 heures de boulot en un mois… presque 500 balles. Non mais ça va le chalet ? Voilà qui au final me payerait des vacances bien sympas au Maroc... 500 multiplié par 13, ça fait bien 6500 boules, si je compte bien.

Et passer par le bureau pour me créer un résumé succinct de ma soirée en imprimant ma feuille de route et en y rajoutant les éléments qui figurent ailleurs, donc disposer d'un outil facilement consultable et qui permet de rester dans les clous, je ne suis pas autorisée…

Ben j’en ai mal au cul.

 

Dans une semaine, je vois ma cheffe, fin de période d’essai… je pense qu’on va continuer à travailler ensemble.  Je vais apprendre à tricher subtilement pour faire croire au meilleur des mondes des soins… à introduire mes commentaires de manière à ce que la responsable opérationnelle psycho-rigide cesse de me redemander hors-horaire des précisions, alors que tout est écrit, et que même ma cheffe directe s’y retrouve… et je vais guetter la première occasion de foutre le camp, pour un monde différent, pas plus facile, mais où au moins, j'espère, on me dira clairement de tricher.

 

Je respecte infiniment l’aura, le personnage et les orientations/décisions du grand manitou de la Santé dans notre canton, mais s’il continue à recevoir des résultats statistiques de satisfaction de la clientèle plutôt flatteurs, et largement médiatisés - car il faut justifier auprès de la population qui raque ce qu’elle raque et pourquoi -… et tant que la communauté des soignants protègera de la vérité vraie les décideurs en disant que tout va bien, juste par peur d’être dénoncé comme un trublion… eh bien Dagobert se promènera à poil en se croyant habillé.

 

 

Repost 0
Published by Clémentine
commenter cet article
9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 10:11

 

 

Je bosse avec une tablette et un portable censés me faciliter les prises en charge.

Sur le terrain, une merveille – quand ça marche !

 

Car entre les surcharges et les trous de réseau, ça plante.

Quand c’est pas la tablette qui dit en substance « J’ai trop chaud, je fais plus rien ». Ou qui se décharge au bout de même pas une demi-journée. Oui oui, je sais, on va nous les changer… mais les cadeaux de Noël en juillet, je commence à saturer. En même temps, on exige de toi proactivité et réactivité. Prout alors.

 

Le gros, gros problème, c’est que même pour demander à une collègue de garde de téléphoner à un client pour voir si ça va mieux depuis qu’on lui a donné les médocs de réserve, c’est un quart d’heure de programmation informatique.

 

Des schémas de gouttes oculaires pré et post-op, une bonne heure quand on connaît son affaire. Tu cases ça où quand tu bosses toute la journée sur le terrain, et que déjà le taf courant va te faire faire une heure supp’ tous les jours ? Au final, ça cube – donc obligation de reprendre ses heures supp’… et le pompon, c’est la collègue que je croise à 20 00 au bureau (ma présence est normale, pas la sienne) et qu’elle me dit qu’elle met tout en place pour que rien ne merde pendant sa semaine de reprise d’heures supp’… Cherchez l’erreur.

 

Tout ça pour que les assurances prennent en charge nos moindres battements de sourcils. On fait plus les choses parce qu’on est pro, expert et consciencieux, mais pour pas se faire engueuler par la hiérarchie quand il s’avère qu’un petit oubli coûte pour finir 10 000 balles à l’association…

Se protéger, oui, c’est normal, mais là ça atteint des sommets de stratégie de la mauvaise foi.

 

Le système fait ressortir les pires traits de caractère des gens : malveillance, délation, humiliation, ou déballonnage complet, crise de larmes, lâchetés diverses, mensonges… et tricherie. Si l’on met plus que le temps requis pour accomplir une tâche, vu que ça coûte encore 5 bonnes minutes de paperasse, on préfère rentrer la donnée dans les clous, quitte à avoir le message informatique qui dénonce qu’on a rentré la donnée en retard, ou en avance… et c’est là qu’on se dit que la tricherie n’épargne personne. Si je fais les choses comme le client me le demande et que ça me prend moins de 5’ pour lui donner ses médocs et tourner les talons comme je sais qu’il le désire, je rentre une fausse donnée parce que l’application me dit que ce n’est pas possible.

 

Traçabilité mon cul… ça sert à fliquer, à traquer les erreurs pour savoir à qui attribuer la remontrance, ou en faire un objectif d’amélioration lors de l’entretien annuel. Puisqu’on en est là.

Les gants en latex pour les mains, si c’est pour se protéger soi, c’est à la charge de l’employeur, ce qui veut dire que je dois charger des tonnes de gants régulièrement dans ma sacoche. Mais si c’est pour protéger le client, c’est l’assurance qui va raquer, mais c’est à nous de le signaler dûment.

 

XXX

 

Bien. Il semble que je vais rester travailler dans ce poste, dont la principale qualité est que je ne fais que croiser mes collègues ; et me dégage des créneaux super pour mon projet pro choisi vers la quarantaine.

Evaluation après 10 semaines d’exercice : excellent contact humain, tout le reste est bon (l’excellence étant impossible après seulement deux mois et demi à baigner dans les dix-huit mille détails de fonctionnement, selon mon évaluatrice). Et je pense rester à 60%, car…

Car on vient de me proposer des horaires d’appoint en télétravail, comme sage-femme gestionnaire de réorientation (sorties de Maternité, conseils pour les allaitantes, etc). Et là, j’achèèèèète !

Et à l’automne se remettront en piste des collaborations diverses… car me voilà officiellement entrepreneure-partenaire de l’OAI ; et les mandats privés sortent d’un peu partout par ailleurs.

 

De quoi envisager le renflouement de mon 3ème pilier malmené en début d’année, et m’offrir quelques luxes bienvenus. Comme de filer hier in extremis chez la masseuse thaï, pour débloquer mes épaules contractées qui lâchent devant tant de bonnes nouvelles !

 

 

 

Repost 0
Published by Clémentine
commenter cet article
10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 09:08

 

 

Owlà, on se calme tout de suite, les chiens de garde du politiquement correct : je rapporte un truc qui m’a fait me rouler de rire sur le canapé devant une émission de cuisine…

Un superbe métis préparait un mélange subtil de saveurs sous la houlette d’un chef… et quand celui-ci lui a parlé de sa préparation comme d'"un aigre-doux", le beau mulâtre en est resté stupéfait, puis est parti d’un rire homérique en comprenant le bug.

Au passage, remarque : seuls les gens désignés par certains vocables peuvent-ils plaisanter d’une partie de leur identité ? Tout en risquant cependant d’être repris par des donneurs de leçons qui viendront leur dire qu’en victimes du système ils ont intégré une infériorité… merdalors, est-ce que par exemple je vais devoir expliquer le concept de négritude toutes les 5 ‘ , histoire de ne pas me faire démonter comme une tente de camping ? https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gritude

Est-ce une nouvelle mission humanitaire, que de pourchasser les personnes affectées d’insuffisance de croissance qui font métier de leur particularité, pour les gonfler d’un discours pseudo-égalitaire non-maltraitant, alors que les installations publiques ne leur permettent même pas de se laver les mains aux chiottes ?

De qui se gausse-t-on ?

 

Ben je me souviens d’un temps où on ne craignait même pas d’égratigner aux Guignols le président de l’époque – ça amusait discrètement Tonton, en fait. L’ambiance est devenue si frileuse… qu’on côtoie à présent des personnes de petite taille, des techniciennes de surface, des demandeurs d’emploi puisque qu’il y a des réajustements d’effectifs. On mange des têtes au choco, mais faut jamais parler sèchement à un Numide…

 

C’est l’ère de la merdauchat-sous-letapis.

Mais que c’est chiant. Mais qu’est-ce qu’on s’emmerde, au nom de l’altruisme et de la parité tous azimuts. Comme si les personnes de couleur (!) ne nous appelaient pas « cochons grattés » à l’occasion, comme si le racisme n’était le fait que des peaux-blanches.

 

Allez, relax.

 

XXX

 

Pour ma part, je reprends le collier en soins à dom’, tout tranquillement, en faisant le ménage dans mon agenda pour me rendre disponible au créneau « écrivain-public, coach, consultante en écriture et en apprentissage, chargée de cours en milieu HES », etc. Quelques soirées et un week-end par mois… et je paie mes factures.

 

Je me débats donc à nouveau avec la furieuse complexité des outils mobiles dans lesquels il faut rentrer des données, in time et en moyenne toutes les 15’. Qui me tiennent disponibles pour une collaboratrice démunie, un accident de planning, une impatience de client ou que sais-je encore.

 

J’apprécierais juste que la hiérarchie me dise que j’ai vachement assuré dès ma première semaine, comme mes collègues me l’ont fait remarquer… et qu’on s’excuse un peu plus de me fournir une tablette à l’agonie, déchargée en 3 heures, pour travailler 4 jours de suite tout en complications diverses vu que la tablette dans ce métier, c’est le kit minimum de survie autonome.

Clés, badges électroniques et identitaires, dispositif de sécurité en cas d’agression, avertir qu’on est là, avertir qu’on part, dévier et redévier les lignes téléphoniques. Changer de voiture (bon, j’ai rien contre une belle pompe avec GPS intégré…), donc déménager son barda et ses rallonges pour recharger le matos, de la rue au garage, et inversément. Nick se marre quand je lui énumère tout ce que je dois faire avant de pouvoir faire ce que je dois.

XXX

Mai ressemble enfin à mai, même s’il fait encore cru le matin.

 

Et autant je dois être vigilante tout le temps au taf, sauf quand je fais des soins, paradoxalement !!! autant je médite le reste du temps – même plus besoin de faire zazen, je plonge dans l’azur infini à volonté…

Repost 0
Published by Clémentine
commenter cet article
8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 10:28

 

 

Punaise, ça déménage.

Entretien en vue pour un poste qui me ferait faire un bond en avant dans mes projets de vie, côté formation d’adultes.

Va savoir.

 

Et puis Nick, de manière surprenante, laisse éclore une facette romantico-sentimentale tout-à-fait inattendue, en allant chercher sous le tapis ce que le chat y a laissé : tout en clamant qu’il ne veut plus de copine et que les sites de rencontre c’est de la m… et qu’il n’y va jamais (niant que Face de bouc est un site de rencontres déguisé), il s’est inscrit sur un site, et y a trouvé son reflet féminin. Une crise d’orgueil et de nostalgie de la relation de couple, à mon avis. Dans un contexte où il va devoir subir encore 9 mois de travail à 150%, il a besoin de quelque chose de "cosy", de cocoonant, dirais-je.

Comme en ce moment je suis sollicitée par divers messieurs intéressés, chacun fait son chemin de son côté. J’ai écarté assez vite un trentenaire mignon et gaulé comme un dieu, qui me trouve belle et me veut dans son lit – mmmhhh, les phéromones, tu connais, jeune homme ? Au minimum, il faut que j’aie envie, ce qui n’est pas le cas.

Un autre avait tant de peine à parler de lui-même, que c’est parti en eau-de-boudin.

Un troisième contact s’avère plus dans mes cordes, sauf qu’il a énormément de peine à exprimer son désaccord de manière intelligible.

Qui vivra verra !

 

Tout ça dans cette saison radieuse, mais étonnamment privée de lilas – le buisson devant chez moi ne porte qu’une seule fleur. Tsâââ ...

J’ai entrepris d’assumer mes cheveux blancs, et pour passer ce cap en douceur, la coiffeuse et moi avons entamé un virage vers plus de volume et un adoucissement de couleur. Corollairement, va falloir que je mette un peu plus de nuances sur mon visage, ça tombe bien, j’ai toute une palette de produits que j’attendais d’utiliser.

Ma masseuse chérie, mère de l’esthéticienne qui me les a procurés, soigne un cancer du sein, ma pote de Belgique aussi… des femmes de tête toutes les deux, qui serrent les fesses sans trop s’écouter bien qu’elles en soient capables. Alors je pense aux miennes : le traitement de ma tendinite fessière se poursuit, progrès sensibles. Les douleurs voyagent d’un groupe de muscles à l’autre, le soin prodigué par l’ergothérapeute (palper-rouler en surface puis en profondeur), me fait me questionner : veut-elle, petit a) me prendre la fesse, petit b), la faire rentrer dans l’autre ? Veuillez cocher, parce que moi j’hésite. Mais ce qui est sûr, c’est que ça fait assez mal sur le moment, de remobiliser ce champ de mines.

Le fait est que ça va mieux – au fait, c’est marrant comme il est difficile de repérer le moment où la douleur se calme… Enfin, celle qui a amené à se prendre en charge… car pour le moment, la moitié de mon postérieur est endolorie d'une semaine à l'autre, comme si on me l’avait passée à l’attendrisseur.

 

 

 

Je me prépare à l’entretien de lundi ; il s’agit de parler de soi en bien, même sur des sujets à connotation a priori négative.

Dresser un tableau cohérent de mon nomadisme professionnel, la question étant de rassurer sur ma capacité à m’intégrer à une équipe – ne pas oublier de dire que je revenais régulièrement dans les mêmes services, rassurés de me voir débarquer, à la longue ; et m’invitant aux rencontres, sorties d’équipe et Cie.

Démontrer le fil conducteur de ma soif d’apprendre, d’assurer autant en médecine interne qu’en chirurgies diverses, pour devenir une vraie généraliste capable de se démerder dans n’importe quelle situation.

Et évoquer fouilles et voyages comme un moyen de satisfaire des intérêts très variés, le corollaire étant de choisir un taf qui me permettait de prendre congé rapidement pour quelques semaines sur le terrain, quand les sondages se révélaient positifs.

Sans oublier de mentionner l'obtention de mon BFFA comme une consolidation et une recherche de crédibilité dans ma capacité à prendre en charge des apprenants soignants cherchant comment apprendre, et structurer leurs prises en charge.

 

 

Le plus important ce printemps restant ceci : en filigrane, cultiver le soin mis à magnifier et poursuivre le lien avec Nick, même si certains événements nous font prendre de la distance "interne", en situant exactement ce dont il ne faut pas parler parce que ça n’amènera rien à la choucroute. Je le vois s’efforcer de respecter certaines limites que j'ai indiquées, trouver comment me dire comment il se sent et évolue, sans tomber dans un certain discours de midinette - comme lorsqu’il me parle des femmes qui l’attirent.

Histoire de respecter le plus possible de ce qu’il dit, fait, et dit faire, je lui ai rappelé quelques-uns de ses principes : pas de compromis, respect et parallélisme.

J’apprécie !

 

De mon côté, je vais travailler à ne plus brider certaines choses quand je suis auprès de lui, et de ses gosses : tendresse, envie de danser quand j’écoute mon I-Pod shuffle, être en joie et la communiquer.

 

Entre autres !

 

Repost 0
Published by Clémentine
commenter cet article
21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 10:59

 

 

Je guette le lilas et le frangipanier devant chez moi, ça pétouille un peu vu les valses-hésitations de la météo.

J’ai envie de pompons roses dans les arbres, j’ai envie de coller mon nez sur une hampe violette odorante, allez, vazy, décide-toi le printemps.

 

Ces jours je glandouille - la fatigue de saison, je peux heureusement l’encaisser en satisfaisant mes besoins en sommeil ces temps-ci.

Le chat est assez tranquille, certes il continue de s’arracher les poils du dos. Je ne vais pas chercher à l’en empêcher, à moi il a fallu un quart de siècle pour cesser de me ronger les ongles, et encore, ce vice revient sournoisement à la surface ici et là – tu sais, les petites peaux qui dépassent, tirer dessus avec les dents en anticipant la petite douleur de la mise à nu… victoire complète si j’arrive à enlever seulement ce qu’il faut, délice suprême si ce qui vient est la simple couche cornée couvrant une ancienne blessure. La gloire du serpent qui mue proprement, quelque part.

 

Le chat, disé-je. En bon raminagrobis soucieux que sa colocataire ait autant à manger qu’elle lui donne de croquettes, il ne manque pas une occasion de me ramener des bestioles, des feuilles mortes, de menus cadeaux parfois bizarres : hier en me réveillant dans la pénombre, je mets la main à côté de mon oreiller et tombe sur un truc curieux. De la taille d’une noisette, rond, froid et dur, visqueux aussi : j’allume ma lampe, je vois un tout petit escargot encoquillé, l’opercule humide me disait qu’il était vivant. Retour à l’herbe fraîche. J’imagine la délicatesse qu’il lui a fallu, à mon Zorro, pour me ramener sans le fracasser ce mollusque tout jeune.

 

J’ai du temps pour réfléchir, j’ai signalé à Nick que je me retirais un peu de la scène ces prochains temps, besoin de mettre en ordre le discours que je vais lui tenir : lui dire que les décibels en famille me feraient fuir à l’avenir… l’inviter à se décharger de la trop lourde tâche de driver son rejeton quand lui-même revient de sa journée d’enseignant-chef de projets divers ; qui plus est se prépare à une soirée de mise au point de contrats ou de traduction d’articles, en allant se pieuter à deux heures du mat’, pour se relever à 6 30 et coacher le départ pour l’école de Junior. Tu m’étonnes qu’il se reprépare gentiment pour un deuxième burn-out… tablant plutôt sur une révision de son cahier des charges d’enseignant.

En même temps qu’il a cessé de prendre des médocs, je le trouve progressivement plus tranchant, moins perméable – voire à la limite du pédant (ce que lui reproche son doyen). C’est bien de se fâcher pour préserver son confort, mais il ne faudrait pas oublier de ne pas humilier son gamin en public. C’est avec ses propres idéaux qu’il doit lutter, pas avec la cervelle Asperger de son fils.

 

J’attends qu’il me fasse signe vu que nous devons assurer un séminaire annuel ensemble ces prochaines semaines.

 

A part ça, il a rencontré en même temps ma sœur et mon neveu bédéiste, à la petite exposition de vignettes que ce dernier a montée dans un chouette petit café assorti d’une antique piste de bowling. Un moment d’émerveillement pour moi, à regarder ses dessins, où ce surdoué également féru de composition et de jeu de guitare arrive à montrer la lumière de l’ombre… En même temps, un écorché vif qui se livre peu.

 

 

Je vois une de mes ouailles cet après-midi ; on remet en ordre ses écritures, il faut que je lui montre des astuces pour ne pas refaire le travail déjà fait, pour simplement l’augmenter des détails sur lesquels on a mis la main ensemble en explorant des analyses de situations, destinées à mettre en valeur ses compétences.

Donc, retour aux coloriages… lui montrer comment extraire avec efficience des bouts de texte, en restant dans un thème précis, et les replacer au bon endroit, dans la bonne partie d’un autre texte. En vrac d’abord, puis en les ordonnant de manière logique.

 

Avec l’autre cliente, ça commence à prendre forme, je vois qu’elle commence à avoir la vista, à mettre en relation plusieurs thèmes vus en cours, pour en faire un tout. Elle met en ordre sa boîte à outils, en somme, et découvre qu’elle a des ressources à réveiller. Il serait temps, ses exas finaux se profilent…

 

Et pour ma part, logiquement vu que je m’éclate dans ce rôle de répétitrice, je tricote doucement des offres à des institutions où exercer au mieux mes talents de formatrice. Je vois bien que se profile un avenir, non pas au service d’un seul employeur, mais en plusieurs mandats à agencer entre eux. Entre une heure passée sur le terrain des soins et la même durée avec un apprenant, la satisfaction passe du simple au double, et la paie, au tiers. Alors y’a pas photo, comme disait l’autre.

 

Donc, vu que j’ai le privilège d’exercer une première profession où je peux poser dans ma semaine des plages de travail matin, après-midi et soir, eh bien pourquoi ne pas retourner à un poste où cela est possible.

Tout en respectant mes limites, histoire de revenir à la maison en paix, après une journée de travail.

 

Non mais.

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Clémentine
commenter cet article
5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 10:48

 

Oyez oyez.

L’agrume n’a pas de trace d’arthrose, dixit le chirurgien qui a ouvert de grands yeux devant mes radios d’il y a 6 ans, et celles du jour… mais une tendinite, cristallisée et de six ans d’âge, des petit et moyen fessiers. Donc depuis tout ce temps, on aurait pu guérir ça, mais je me suis bourrée de calmants, seulement ça, vu que le rhumato m’avait dit que c’était la seule stratégie possible en attendant d’avoir trop mal pour me passer d’opération. Donc le truc bien, c’est que je n’ai pas besoin de me faire opérer. Quelque part, dommage, car je me voyais déjà trotter comme un lapin d’ici quelques semaines.

Je devrais être joyeuse, non ? Ben bof. Le seul truc qui m’amuse ces jours, c’est les prétentieux mal garés.

Je regarde les 4 x 4, ces gros-culs qui ne tiennent pas (ou ne croient pas pouvoir tenir) sur une place de parking ; même pas tant parce qu’ils sont imposants, mais parce que les conducteurs ne savent pas se parquer, ou ont démissionné – il suffirait pourtant d’orienter les rétros un chouya plus bas pour voir les lignes... ou alors, c’est le coup de la grenouille de Lafontaine. Toujours est-il que ça déborde forcément : regardez une ligne de parking le long d’une rue, à tous les coups celle qui dépasse, c’est un quat’quat. Et pas forcément parce que c’est plus large… souvent, il y a la largeur de deux pneus entre le véhicule et le trottoir. L’autre jour dans mon centre commercial préféré, je vois le popotin d’un de ces miroirs d’orgueil qui mangeait tellement de place que les bagnoles n’arrivaient pas à se croiser… comme il était gris de poussière, j’ai écrit au doigt sur la porte arrière « T’es quand même pas si gros que ça » - rien de gratuit là-dedans : il y avait entre le mur et l’avant du char assez d’espace pour le rentrer dans les clous.

Dans un pays où on force les proprios de chiens à suivre des cours d’obéissance canine, et à mettre des muselières même au plus trouillard des teckels, je suggère logique de forcer les conducteurs de ce genre de tanks à prendre des leçons pour garer leurs King Kong mécaniques.

 

 

 

Ces dernières semaines, je me sentais morose le matin ; inhabituel chez moi, je suis plutôt bien dès potron-minet, tout en causant très peu – ma manière à moi de me réveiller, de revenir sur terre en douceur. Faut dire que la grande fille de Nick est assez taciturne le matin aussi, donc de bonne entente on a décidé de se faire juste une bise quand on se croise tôt. Et on passe 20’ à ne rien se dire, elle déjeune et je m’enquille mon café et mes vitamines, je trouve ça très reposant. Au contraire du lutin qui peut être à la fois distrait et agité… il faut lui rappeler l’heure, lui rappeler de manger, le rappeler sur le plancher des vaches. Nick, lui, se met au radar tranquille, habitué à sécuriser le départ dans la journée – le sien, celui des autres. Parfois en poussant une gueulante, heureusement c’est rare.

Bref, j’avais le moral plutôt en rase-mottes. Alors que les choses s’arrangent plutôt côté taf – je trouve que je suis bien aidée pour me réorienter vers la formation, les demandes de cours particuliers arrivent, et je suis sollicitée par une institution et par l’AI pour coacher une miss qui a du souci pour écrire. Et encore une autre qui a besoin de soutien pour comprendre la fonction rénale, et cette autre qui peine à produire son dossier pour admission en HES.

Et puis j’ai mon brevet, j’ai reçu ce matin la lettre officielle, félicitations et Cie.

 

Malgré ça, drôle de sensation avec ma petite famille d’adoption. Indéfinissable, donc probablement prenant sa source dans des tartuferies impalpables et inconscientes de part et d’autre.

Il a fallu un échange bizarre de SMS (oh que je déteste la technologie, quand elle dessert les rapports humains) pour mettre le pompon de l’incompréhension sur la table. De message embrouillé en vexation auto-générée, alors qu’il était question d’aller se détendre les 4 en jouant ensemble dans un lieu dédié, on s’est retrouvés à glander la moitié du temps en attendant de pouvoir enfin faire un bowling… avec les moments d’attente pour avoir son tour, chacun est parti dans ses propres réflexions, devenant fonctionnel, absent ou carrément désagréable (la spécialité de la grande, en bonne ado à l’humeur en dents de scie, se débattant avec ses points faibles jamais compensés par ses points forts, de son propre avis, et une estime de soi en construction cahoteuse).

 

 

Là ce matin, je repense à un vieux copain à moi, qui souffre d’anxiété, en cherchouillant sur la toile je m’aperçois que c’est une histoire d’amygdale (celle du cerveau, hein…) qui fonctionne différemment.

Pas une histoire d’hormones, encore moins de volonté défaillante – ça je le savais. Une histoire de trouille intense, de trouille d’avoir la trouille ; qui le conduit quasiment, en somme, à ne plus sortir de chez lui.

 

Le corps finit par s’épuiser d’être tout le temps en tension, et la dépression peut venir s’ajouter au tableau ; le pote en question ayant professionnellement affaire à des élèves genre ados tardifs dans des corps d’adultes, et enfants de parents friqués de surcroît, il a tout pour aller dans la déprime grave.

 

Je hais la politique mentale qui consiste à se dire que d’autres ont des problèmes plus graves que les siens propres: ça conduit à se cacher la merde au chat sous le tapis. Il n’y a aucune échelle de comparaison possible, quand s’angoisser pour une plaque de cuisson éventuellement laissée allumée devient un TOC envahissant – alors qu’à mes yeux, le risque est voisin de zéro, vu que les fusibles n’auront qu’à sauter en cas de surchauffe. Je dis pas que ça me fait rire quand je rentre et que ça rougeoie, je pense plutôt à la dépense inutile d’énergie… Mais minimiser, en général, me paraît une douteuse stratégie d’évitement, et qui coûte au final les intérêts de la négligence.

 

Alors quoi, hein, c’est quoi ce sentiment diffus de tristesse ?

 

Comme souvent, l’écriture me sauve : posant mon malaise à plat, je me rends compte que je suis loin d’être désœuvrée, que ma semaine est émaillée de choses à accomplir avec plaisir, à la maison tranquille ou dehors – ce qui me donne l’occasion d’aller prendre de la lumière.

 

Mais peut-être pas assez quand même… tiens, idée à creuser… ben oui, je crois que c’est ça : pas assez de lumière pour aller nourrir mes circuits de récompense. Fin d’hiver, moins d’occasions de prendre le soleil sur le visage… ça doit être ça. Il va me falloir plus que me réjouir de voir les primevères sorties avant les perce-neiges – là, c’est un tapis blanc devant les immeubles du voisinage, carrément.

 

En attendant, j’écoute le duo banjo-guitare de « Délivrance », et ça me fout la pêche. Déjà ça.

Repost 0
Published by Clémentine
commenter cet article
7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 10:35

 

 

Je serpentais hier dans la campagne moudonnoise pour aller voir ma pote Marie-Laure, me perdant entre Peney et Corcelles, flippant sur les plaques de glace ; déjà en retard pour le brunch, j’avais bien pesté en traversant ma ville derrière un conducteur qui devait avoir bloqué son tabotamp à 30 à l’heure.

Et merde, en arrivant sur le plateau du Jorat, tiens, de la neige et ses joyeusetés.

Donc j’avais du temps pour réfléchir derrière mon volant, et me conforter dans ma décision : aller voir un orthopédiste pour envisager la mise en place d’une PTH (prothèse totale de hanche).

Car, c’te fois, ras-le-bol de cette articulation qui coince.

 

C’est vrai quoi : à force de serrer les fesses pour compenser la douleur, je vais pas détendre mon carré des lombes, même si je travaille mes abdos à l’Aquagym et chaque fois que j’y pense.

Voilà 6 ans que je me fais chier avec ça, et les dégâts se font à si bas bruit que j’ai dû faire un effort pour voir clairement que si je continue à bouger le moins possible, et même, certains jours, à bouffer du calmant en cherchant comment avoir moins mal en me calant avec des coussins sur mon lit, ben ça va pas arranger les choses. En plus, régulièrement j’ai le muscle couturier qui râle, et çui-là, pour le faire taire, je peux m’accrocher mes plaquettes de médocs aux oreilles, ça ne marche pas (oh le mauvais jeu de mots, involontaire qui plus est). Et sans exercice régulier et quotidien, j’enfle gentiment.

On est loin des décharges occasionnelles à 220 V, qui me surprenaient quelquefois par hiver… et de mon premier épisode de rhumatisme hydroxy-apatite. Réglé en une heure après 10 jours de souffrance aboutissant sur l’incapacité de lever la cuisse sur le ventre : pour me mettre sur la table d’examen, j’avais dû empoigner ma jambe de pantalon et la lever comme si elle ne faisait pas partie de moi.

 

Là… je m’économise pour arriver à assurer des journées de travail qui me mettent au tapis vers les midis, et le soir je me rapatrie grimaçante à la maison, direction pharmacie et plumard. Le rhumato m'a signé un certificat comme quoi dans mon métier de base, je suis capable à 50%, le reste me confinant à un poste administratif.

 

Ah j’ai une culture télévisuelle du tonnerre de Dieu ! Je dis pas que c’est toujours désagréable, j’adore les documentaires d’astrophysique, et m’extasier sur la preuve des trous noirs par Hubble… tilter sur les derniers progrès en matière de recherche sur les bosons de Higgs… faire le lien entre pulsar et étape de vie d'une étoile...

Dans une autre vie, je pourrais être derrière un écran au SETI. Malheur, les maths et moi ça fait deux, bien que le Nick m’explique les programmes de sa gymnasienne de fille. On en est ces jours aux fonctions réciproques, et je lui parle des points de Lagrange ici et là…

 

Je m’égare.

 

Donc, à la suggestion de ma mentore écrivain public, j’ai appelé le chirurgien qui lui a rafistolé la coiffe des rotateurs. Car en causant avec elle devant un thé au Grütli, je râlais tel le pou en constatant que l'Aquagym du matin, portant précisément sur l'amplitude de la hanche et sa relation avec les muscles de la ceinture, me forçait tout de go à prendre un anti-inflammatoire.

Avant, je dansais, je me baladais, je ne ratais pas une occasion de me dépenser. L’été dernier, balade à Berne avec Nick et sa progéniture : j’étais toujours 3 mètres derrière, et je couinais intérieurement en sentant mon bassin se rigidifier. Je me faisais penser à la petite cousine Elmire qui fait 10 pas et souffle un peu, malgré sa double opération. Bon, elle a 80 balais bien sonnés… mais je me fais pitié, là.

 

Nick s’est constitué une salle de muscu bien fournie ; quand je vois sa fille tenir son programme les jours où elle ne peut aller à son entraînement de patin à glace, je suis presqu’envieuse. C’est que je ne fais que regarder le vélo et l’elliptique en songeant que si je pouvais, j’aurais déjà éliminé l’apport énergétique du jour si les mouvements de piston n'étaient pas le pire truc pour moi.

 

Car j’aime bien manger. Non pas « j’aime bien, virgule, manger », mais « j’aime, virgule, bien manger ».

 

Donc je vais aller expliquer à mon opérateur potentiel que compter sur une perte de poids avant la chirurgie – le truc à la mode qu’on demande… - c’est makache. Charrue devant les bœufs. Et fuck les régimes: perdre 10 kg, en reprendre 12 et ainsi de suite, j'ai déjà - abondamment - donné.

 

Et comme j’ai pu mesurer qu’en 30 ans, les techniques chirurgicales ont sacrément évolué, je peux m’attendre à une semaine d’hospitalisation, puis à trotter comme un lapin, avec une cicatrice de 8 cm sur la face externe de la cuisse. On est loin des trois semaines de pieu, avec techniques très élaborées pour le lever et le coucher, d’un côté puis de l’autre du lit, après 15 jours d’interdiction de charger sur la jambe. On vous fait ça à la colle superglu, et tchao. J'avais pas 25 ans, et je ne me doutais pas que cela allait m'intéresser autant, un quart de siècle et des miettes plus tard.

 

Je passerai plus les portiques d’aéroport sans affoler le grelot… mais en matière de rééquipement interne, je suis loin de ma génitrice qui cumule deux prothèses de genou et une dans l’épaule.

 

A Robocop, Robocop et demi.

 

 

 

Repost 0
Published by Clémentine
commenter cet article
20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 10:43

Je te jure… période à couilles successives…

 

Contexte : j’apprends que je dois encore passer en commission d’examen pour le brevet, la première partie est OK, elle se fait en cantonal, je ne savais pas qu’il y en avait une deuxième, centralisée car le brevet est fédéral… c’est si bien expliqué... Bref, que ça ne m’empêche pas de postuler, hein. Mais j’aurais bien aimé avoir ce foutu papier en main, déjà. Aucun doute que je l’aurai, mais la vache ils prennent leur temps !

 

 

Les missions intérimaires se raréfient, par ailleurs… alors je me suis annoncée au chômedu, car il n’y a carrément plus aucune mission depuis plus de 15 jours. Des fois que ça dure. Et de toute façon, une fois ou l’autre, il faudra bien renverser la vapeur et ne garder ces missions que pour du remplissage de tirelire.

Donc, séance d’info… quelle ambiance… visages fermés, honteux… et le jour suivant, rencontre avec ma conseillère : bienveillante, contact sympa – au contraire de deux autres zozos précédents, formalistes, frustrés, voire désagréables. J’ai aimé être congratulée au sujet du brevet, c’est pas des nèfles, cette formation, question valeur du papier et investissement financier – 15 000 boules, fallait les sortir.

On fait le point, j’ai de l’avance sur ses demandes, quelques papelards manquent par ci par là. C’est même pas une corvée, ça tombe bien au moins sur un point : quelqu’un travaille avec moi sur la suite, qui a d’autres angles d’attaque. Et mon point de vue est recevable : ne plus postuler essentiellement que comme formatrice, dans un domaine ou l’autre. On est même tombées d’accord sur la démarche consistant à revoir le rhumatologue qui m’avait montré cliché en main que je n’avais plus de cartilage à la hanche droite – un certificat de capacité limitée est tout-à-fait dans la ligne. Et les athéniens finissant par s’atteindre, elle m’a fourni, à ma demande, quelques coordonnées de partenaires institutionnels, histoire d’offrir mes services comme formatrice à la recherche d’emploi (TRE, comme ils disent).

 

 

On continue avec les couilles ? Allez c’est reparti… Le Nick m’appelle l’autre matin : le break jaune poussin venait de mourir contre une glissière de route de campagne, merci le verglas… heureusement qu’il allait à vitesse correcte, il a juste rebondi, mais a envoyé un autre véhicule ad patres. Pas de dommages physiques, à personne. Sauf que lui-même, l’autre conducteur et les flics ont tous fini sur les fesses à un moment ou un autre : ce bout de route c’est le fond d’un vallon, avec un pont bien exposé à stocker l’humidité et l’eau – 5 cm de glace vive, ça ne pardonne pas.

Comme moi il a immédiatement pensé aux implications (chercher un autre véhicule). Et il l’a trouvé, ce bougre… le jour-même, le même modèle, sauf qu’il est gris ; donc pour saluer la mémoire de cette chère poussinnette aux couleurs « poste », il lui a greffé les rétroviseurs et quelques gimmicks ici et là.

 

 

Bon, ça suffit pour les emmerdes.

Aquagym, j’ai repris… avec 2 séances de suite, donc j’ai bien localisé le matin suivant ma coiffe des rotateurs ; je recommande un tel cours pour capter l’existence de certains muscles.

Demain on se refait une séance avec ma pote Flo, qui a stoppé le temps des fêtes, submergée par une armada de virus superposés.

 

 

Je me rends chez Nick une fois par semaine au minimum, pour m’occuper des juniors pendant qu’il va apprendre à être un meilleur père. Je me cogne dans les meubles et les objets (orteils bien localisés eux aussi, merci…), ou alors des endroits que seule je peux me cogner, vu qu’ils sont tous grands, plutôt sveltes ou les deux ; enfin je veux dire que je suis la seule à être capable de me cogner le nombril dans le coin d’un établi de cuisine…

Je couds à la machine (mes pantets craquent tous au même endroit), je fais mes lessives, je bricole sur la toile, je regarde « Outlander » avec la grande… la dernière fois, j’ai profité d’aller la voir à son cours de patin à glace et de la rapatrier. Elle est gracieuse, elle a un excellent maintien – il lui manque un peu d’audace pour sauter, son genou l’embête. Le petit nain est plus difficile à coacher, c’est fou ce qu’il est dispersé même sous médocs. 3 heures pleines pour un exercice de verbes qui devrait lui en prendre le tiers, pfouhhh, faut s’accrocher.

 

Quoi d’autre… ah oui, j’ai continué mon nettoyage de printemps en avance, tout a meilleure allure. Bizarrement, je me sens plus en paix.

 

Donc en gros, ben ça va. Tous les problèmes sont transformables en opportunités, alors la vie est belle.

Et puis ce biologiste qui a donné à une nouvelle espèce de mite répertoriée le doux nom de "neopalpa donaldtrumpi", c'est savoureux... https://fr.sputniknews.com/international/201701181029646357-canada-mites-trump/

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Clémentine
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Clémentine
  • Le blog de Clémentine
  • : Mmmhhh... voyons voir. Il va y avoir: - des billets d'humeur - les trucs du quotidien qui me font gondoler - vous aussi, si tout va bien - des réflexions éthiques (eh oui, je m'en pique) - les aventures de Zorro le chat, qui apprend la vie en sautant dans une baignoire ou des WC qu'il croit vide ou au couvercle rabattu - des choses comme ça, quoi
  • Contact

Recherche