Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 15:36

Lourson vient d’avoir 40 ans, Lourson se pose des questions…  et il me demande ça :

« Quel est le chemin de ta vie ? Cela de ta naissance, jusqu'à aujourd'hui et encore jusqu'à la fin de ta vie. »

 

Ah là là Lourson, tu m’en poses, des questions !

 

Mon chemin de vie. Mmmh.

Ben comme ça, brut de décoffrage, cette fois-ci je pense que je suis là pour apprendre la différenciation, sortir de la fusion… quitte à ce que le prix à en payer soit la solitude. Qui finit d’ailleurs par me devenir nécessaire - peut-être même que j’ai toujours été comme ça, mais que je ne voulais pas qu’il soit dit, pour rester en paix avec mon entourage.

Tiens, justement, je sors d'une semaine de séminaire sur la gestion des conflits et la formation des groupes... et je me suis ingéniée à manifester de suite mon individualité, suite à l'entrée en matière quasi-immédiate d'un lourdaud qui voulait absolument me faire la bise d'entrée de jeu, puis m'a asticotée sur mon refus droit direct au premier debriefing... j'ai été récompensée au 4ème jour par la quittance des deux accompagnateurs: la différenciation, c'est ce qui fait la richesse des échanges.

Terrible semaine: je vis mes contacts avec mes frères humains de manière si intense que me calfeutrer chez moi trois jours par semaine devient une nécessité - comme formatrice, je me décrirais en Grand Guignol, face de shamallow, je gesticule, je me déplace pour appuyer mon propos… je sors du cours en nage, et hilare, très souvent. Ca me nourrit, ça me fait du bien. Et j’ai besoin ensuite d’être seule, physiquement parlant : pendant ces jours-là, je démultiplie les contacts sur internet, par contre.

 

Je dirais que mon chemin de vie, c’est aussi de sortir du rôle dévolu aux femmes, enfin je veux dire, qui semblait normal à suivre pour une femme lorsque j’étais adolescente - et pour lequel on m’a quand même préparée. Quoi que je dise, quoi que je fasse, c’est comme une ritournelle qui revenait encore et encore : en quoi ce que je projetais de faire allait m’être utile pour être épouse, mère, et caetera.

Et c’était perceptible comme message principal même si l’on acceptait quelques incongruités dans le paysage : la cuisine ne m’intéressait pas, j’étais avide de sensations fortes, j’aimais bricoler… ce qu’on me tolérait car j’étais arrivée à la place du garçon attendu – mon père, je crois, était fier d’avoir une fille aventureuse, dans le fonds ; qui se fichait pas mal d’avoir quelques bleus, d’avoir les cheveux en bataille et un look androgyne.

Ma mère avait pu reprendre ses études quand nous étions entrées à l’école ma sœur et moi, passer son bac du soir et aller assez loin dans ses études de droit ; mais mon père lui avait dit que c’était à condition que la vie de famille n’en souffre pas – c’était pas gagné de suivre sa propre voie sans être au service des autres, pour une femme de sa génération. Alors que ses copines de fac n’avaient que dix ans de moins, et avaient, elles, campo pour vivre leur vie, pour la plupart.

Bref, j’ai eu à finir de faire la trace de la liberté malgré mon sexe. Et comme je suis de nature un peu âpre, le ton a suivi, et je peux dire que cela a été au prix de passer pour une chieuse. Alors que la même liberté de ton chez un garçon et un homme, c’est « savoir ce qu’on veut », une fille qui refuse de s’adapter aux besoins de son entourage - surtout masculin – reçoit le message de ne pas s’étonner si elle ne trouve pas de compagnon… Comme une sorte de chantage social, et je ne saurais pas l’expliquer mieux, en tous cas pour le moment.

 

Un autre aspect de ce même chemin de vie est en rapport avec ma profession première. Je ne l’ai pas choisie parce qu’elle m’attirait, mais parce qu’elle représentait un ticket de survie et d’indépendance face à une famille explosée et devenue peu accueillante. Alors que mon projet d'études initial devenait un poids plus qu’autre chose, la perspective d’être rémunérée pendant trois ans passés à devenir infirmière a été le déclic majeur de ma décision.

Alors que ce boulot déchaîne les remarques sur la vocation et autres conneries d’image d’Epinal, je me suis fait un devoir de détromper quiconque cherchait à venir me pomper l‘air avec ses propres problèmes. Je tirais aussi une certaine fierté d’avoir une vie privée pleine de personnes et d’endroits marginaux notoires, contrastant avec la blouse blanche et le badge d’élève-soignante.

 

Voilà, Lourson, je ne sais pas si j’ai répondu à ta question, tu comprendras pourtant certainement pourquoi j’ai mis tant d’énergie à vouloir te détromper sur la personne que tu semblais imaginer dans tes propos, lorsque notre histoire se bâtissait.

 

Maintenant, tu es le bienvenu si d’aventure tu me prenais pour témoin de ce qui est en devenir chez toi, de ce que tu pressens toi-même pour la suite – car ta question de départ, je sais qu’elle s’adresse autant à toi qu’à moi.  

 

Raconte...  tiens-moi au courant, c'est un moment pour baisser les voiles, le temps de décider de la direction qu'on souhaite prendre, après s'être laissé porter par les événements. Un moment pour reprendre son sextant, son compas, et ouvrir les possibilités de tailler d'autres routes.

 

Et vogue, sur la belle mer salée, quitte à se prendre encore quelques embruns en gueule - ça réveille!

 

Et... bon anniversaire encore une fois, ma peluche.

 

 

 

Par Clémentine - Publié dans : Ambiance du jour - Communauté : Libre-pensée de femmes
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Samedi 24 mars 2012 6 24 /03 /Mars /2012 00:41

     Les perce-neiges se dessèchent, alors que le lilas bourgeonne; l'arbre à tulipes commence à fleurir (le magnolia derrière chez moi), et les vraies tulipes du fleuriste sentent le poivre léger.

 

 

Je suis un peu morose, là… Mickey a fini par s’épuiser des jeux de Zorro, il était toujours dans l’appartement, alors que je le pensais échappé. Probablement affamé, il a dû sortir le bout du nez en quête de nourriture : je l’ai retrouvé parce que Zorro était visiblement en traque, et  que le riquiqui restait immobile à terre.

 

Oh, j’ai bien essayé de l’installer dans un douillet petit cocon d’ouate, avec de quoi se refaire des forces, des graines et de l’eau ; hors de portée du chat, bien sûr.

Il était visiblement choqué, tremblotant. Il s’endormait parfois, sursautant quand je le touchais doucement pour voir où il en était, un peu plus réactif, se défendant après quelques heures… Après une demi-journée et une soirée où il semblait repiquer, et une nuit tranquille, je le voyais bien capable de repartir comme en quarante au matin. Las: il a piqué une crise de panique, a sauté au-dehors de son nid, atterri sur le bord  froid de la baignoire, couché sur la catelle. Je l’ai remis dans l’ouate, allongé sur le côté ; et je l’ai retrouvé dans la même position en rentrant du travail.

Voilà Mickey, t’as mis les voiles, j’aurais essayé. Que tu étais trognon, la petite boule douce, avec tes grandes oreilles rondes et tes petits yeux en amande, perché sur mes affaires, furetant de tes moustaches minuscules. Que tu m’as fait rire, apparaissant tout d’un coup sous mon nez, perché sur l’ordinateur… faisant fi de mon grand couillon de katz!

 

Il me reste d’avoir eu ces moments privilégiés, à rire sous cape du spectacle offert par le hasard : faut profiter de ces moments-là, c’est rare. Je les cultive le plus possible...

 

      Je suis allée ce matin faire passer un examen sur le terrain dans un home : moment privilégié avec un des chats de la maison, tigré gris et miel…

Cet après-midi, passage chez la manucure ; son boxer nain noir comme l’enfer, Nell, une vraie tronche de cake, m’adopte enfin (6ème séance) en s’asseyant sur mes pieds pour mieux profiter de mes gratouilles. Il paraît que c’est rare, je me sens choisie.

 

      Quand j’étais môme, je passais mes vacances d’été dans un chalet de montagne, à côté d’une chèvrerie. Ah les biquettes pas farouches, leurs beaux yeux aux pupilles rectangulaires, leurs léchouilles nerveuses… Je m’asseyais sur le muret de pierres sèches devant le jardin : elles montaient se ganguiller là-dessus, et se trouvaient alors à hauteur de mon visage. J’avais chaud, elles aimaient la sueur salée, je me marrais tout bas sous leur coups de langue, pensant à un film avec Fernandel au temps de François 1er ; ah, son rire homérique toutes chagnottes dehors, torturé par une chèvre qui lui chatouillait ainsi les orteils enduits de gros sel!

 

     Avec les perroquets aussi, j’ai une histoire de séduction. Le premier, un ara en pension chez des amis ; trois jours pour apprivoiser le bel emplumé, jusqu’à me promener avec lui sur mon épaule. En voyage au Mexique, je croise un cacatoès et un gris du Gabon en cage – une heure de patience avant de pouvoir leur prodiguer des câlins sur le cou, la tête renversée de côté et les yeux mi-clos, la huppe ou les plumes redressées. Comme une faveur qu’ils m’accordaient, après m’avoir accueillie à coups de bec sur les doigts ; et forte de cette expérience, arriver plus vite à mettre en confiance un autre gris du Gabon croisé chez une cliente.

 

Quel que soit l’animal, les paroles comme des mélodies de mots en cascade, pour établir le contact. Offrir les mains pour voir si mon odeur leur convient, guetter ce qui leur botte comme caresses, pour en proposer plus encore.

 

Mon rêve : les singes, les éléphants. Dauphins, pourquoi pas ? Mais pas en priorité.

 

Les hommes, aussi, peut-être, une fois…

 

 


Par Clémentine - Publié dans : Mélodie de mots - Communauté : Au fil des jours
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Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 13:54

 

Je fuis la cohabitation avec les humains.

 

Un temps, j’ai vécu la colocation, dans le sens qu’il me suffisait de savoir que dans les autres chambres de la maison vivaient des personnes que je pouvais croiser le temps d’une soirée si le cœur m’en disait. A présent, j’apprécie trop ma solitude, de pouvoir larguer mes vêtements passée la porte de mon appart’, de marmonner comme une sorcière et de ne vivre qu’à mon rythme.

 

Là, je fatigue de devoir rappeler à ma voisine du dessus que le fait d’estimer qu’elle fait ce qu’elle veut chez elle jusqu’à 22 00 ne la dispense pas de penser en termes de bon voisinage, lorsqu’elle veut écouter de la musique en-dessus d’un certain nombre de décibels.  J’ai pris mon parti de vivre en-dessous de ce jeune éléphant, qui doit larguer ses chaussures de deux mètres de haut en rentrant de boîte vers les minuits en semaine, vers les deux heures le week-end…

Ce qui me gonfle dans mon voisinage également : la poussette qui voyage le long des boîtes aux lettres, une autre voisine qui descend les escaliers à 6 30 le matin en talons sonnants, les lessives qui passent sur essorage après 22 00 (toute la maison en tremble, mon lit avance tout seul vers le milieu de la pièce…), enfin bref, tout ce qui fait que je laisse des billets à la concierge pour qu’elle fasse respecter ce qu’elle est censée faire respecter; ou sur la porte d’entrée de l’immeuble avant de lui écrire, de guerre lasse…

 

La vie avec un chat me convient bien, par contre.

 

 

Toute môme, j’ai vu arriver le tigré qui vécut 20 ans avec nous : j’ai appris de mon père la sieste avec une boule de poils pelotonnée contre soi, ou un peu plus loin, ou avec la main posée sur elle. L’apaisement que cela procure est difficile à décrire : pour peu que le chat se mette à ronronner, on a droit à une berceuse très efficace.

 

Zorro ronronne assez discrètement. Zorro aime ma compagnie, j’aime la sienne, on est paisibles… Nous avons développé une communication particulière : je lui parle, je lui roucoule des choses, il m’imite dans ses miaulements, et même ses mimiques quand il ouvre la gueule sans qu’un son en sorte. Nous avons des codes silencieux, des complicités, différentes sortes de câlins : de tête quand nous sommes à la même altitude, de mains et de pieds quand je le croise au milieu de la nuit – il vient presque se jucher sur mes arpions, collant son flanc contre ma jambe, appréciant le pétrissage que je lui prodigue. Ou alors il débarque trempé comme une soupe, pour se faire étriller au papier de ménage qu’il adore. La véto m’a dit l’autre jour qu’il avait un poil superbe, je pense que c’est autant de vivre en câlins que la bouffe que je lui prodigue : si l’ordinaire est fait de croquettes, il a souvent un petit bout de ce que je mange, jambon et cie, bien sûr, mais aussi des choses plus inattendues, comme le fromage frais et fait, les plats épicés, la glace., le pain. Sa curiosité alimentaire me met en joie.

 

J’aime aussi nous retrouver, quand chacun a eu sa dose de distance ; nos salutations brèves, pour retourner chacun à nos occupations. Le chat est un être qui oscille sans arrêt entre le fusionnel et le fissionnel : s’il ne veut pas venir à vous, vous pouvez toujours vous brosser. Il se respecte, et j‘aime les êtres qui sont à l’écoute d’eux-mêmes. Ils choisissent ma compagnie par envie, pas par besoin.

 

Avec chaque chat qui a partagé mon quotidien, la relation était aussi différente  qu’avec les différents hommes que j’ai côtoyés ; mais vivre sous le même toit avec  un homme qui veut quelque chose de la relation, plus que cette cohabitation tranquille, ça m’angoisse. A mon âge, ce serait de préparer la retraite… puisque ce ne serait plus pour me faire un enfant. Mais je le dis tout net: chacun ses chaussettes sales.

 

Bref, vivre avec un chat, c’est mon quotidien depuis toujours, même s’il y a eu des périodes « sans ». Chaque chat qui a habité sous mon toit, j’ai pu l’accueillir parce que pour celui-ci, celui-ci et celui-ci, j‘acceptais, au nom de la relation qu’on avait, de remplir des devoirs qui n’en étaient pas, au final : lui implanter une puce, le faire vacciner, le protéger contre les vers et les tiques, bref, lui assurer l’aisance de pouvoir aller et venir, et même de me quitter si l’envie lui en prenait. Avec parfois l’inquiétude et le pincement au cœur quand la bête ne réapparaissait pas pendant quelque temps, et tout le déchirement de me rendre à l’évidence qu’il avait dû mourir entretemps, quand il ne vivait pas ses derniers instants dans mes bras.

 

J’ai plus l’habitude des chats que des gens, voilà tout. Et puis… les chats sont moins compliqués, moins stressés, moins angoissés.

 

Là, juste un truc : Zorro copine avec un mulot qui a pris ses quartiers à la maison. Mieux que ça : ses aises ! Je le regarde aller et venir dans les petites bouffes que je lui laisse ici et là, faire son gymkhana entre l’emballage du beurre, trois miettes de pain et un bout de pomme…  Zorro le suit pas à pas, franquème ou razmoquette, mais l’observant plus que le chassant. Pourquoi, je ne sais pas, d’habitude, les souris ne font pas de vieux os ici. Le mulot est plus volumineux, se défend-t-il mieux ? En tous cas, il est sacrément culotté, s’approche des moustaches du katz, grignote tranquillement devant son nez. Parfois détale quand il réalise que le chat est vraiment au-dessus de ses oreilles.  Au moment où Zorro fait mine de lui sauter dessus et que je me dis « cette fois, Mickey, t’es cuit», il casse son mouvement à mi-course : c’était juste pour le faire bouger… En terminant ces lignes, j'assiste même à une scène qui me fait hurler de rire: Mousli s'aventure sous le flanc de Zorro accroupi, qui fait un bond de surprise en arrière!  Je reprends cet article 20' plus tard: voilà le riquiqui qui s'est aventuré là où je suis étendue à regarder la téloche, mon PC ouvert à proximité: le mulot est juché sur la souris, tranquillou... Zorro qui sommeille juste à côté se réveille en sursaut, nez à nez avec Machinet, et les deux battent en retraite! Tom et Jerry, en somme.

 

A suivre… 


Mais au fait je voulais vous dire : les perce-neiges sont enfin dehors. Vieux motard que j’aimais !

Par Clémentine - Publié dans : Zorro l'indomptable - Communauté : L'éthique au quotidien
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Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 20:59

 

 

     Semaine drue, pour le moins… et c’est pas fini : ce week-end est plus chargé que je ne l’aurais souhaité, heureusement que je n’ai à faire que des choses plaisantes : avancer dans la confection de mon étagère-bibliothèque en carton, et cuisiner.

Le neveu de 20 ans a en effet réclamé pour son anniversaire le menu que j’avais déjà concocté il y a deux ans pour la petite famille de six que nous formons. Me rappelais plus…

 

Il a donc fallu qu’il me décrive le menu dont il se souvenait : poulet ? Crevettes ?  Heu… tous les deux, mon capitaine, Merde, je suis pas plus avancée. Riz ? Nouilles ? Nouilles. Aaaah, voilà, d’accord : pad thaï. Bien vu, c’est le plat le plus compliqué et le plus délicieux de ma panoplie. Assorti d’un potage lait de coco et citron vert, là c’est plus facile de retrouver de quoi il s’agit.

 

     Donc, aujourd’hui, après trois heures de découpe au cutter et de rabotage à la lime de charpentier, dans des poses acrobatiques, je pars en marchant en crabe à l’épicerie sous-gare pour dévaliser ses frigos : cébettes, coriandre, limes, feuilles de citronnier, bulbes de galanga, piments rouges… nouilles de riz, cahouètes à griller, et quelques fruits exotiques pour faire un dessert frais.

Fruit du dragon - tout droit issu d’un manga, ce truc : enveloppe rose pétard à feuilles pointues verdies, chair blanche à points noirs qui se déloge comme d’un moule. Une mangue. Une goyave. Trois mini-bananes. Et un raton-laveur. Heuh non, pas de raton, mais une barquette de quatre étranges choses rondes et violet-brun de la taille d’une mandarine, présentant une collerette à la façon d’un kaki. Téki, toua ?

L’épicière vietnamienne me dit « Thâ, thê man-gous’-tan ». Ha, bon, mais dedans c’est comment ?

Ni une ni deux, elle en attrape un derrière son comptoir, qu’elle se réservait pour son quatre heures ; lui met un circulaire tour de couteau à l’équateur, le dévisse comme mon pot de crème de jour, dégageant d’une gangue luisante et prune ce qui ressemble au cul d’une tête d’ail. Fouchtra, qu’est-ce que ça peut bien goûter, ce truc ?

Elle pousse délicatement à l’équerre une des gousses blanches, je m’écrie " Oh on dirait un litchi ", elle me répond du tac au tac " Non-non, pas litchiiii ". C’est frais, indéfinissable, très agréable.

Mangoustan. Bon, OK, j’embarque ça avec moi. Attention les taches violettes, hein, terrible à enlever après, je suis prévenue.


Avant de partir on aura eu le temps d’échanger sur la chaleur (« Non-non, thê bou’ffées de thâleur, j’ai ménopauthe… »  et son absence de maquillage pour cause de traitement d’une allergie.

 

     Méson. Bonheur. Mettre les courses à l’abri. Un bain chaud huilé, et un anti-inflammatoire plus tard, regarder « Mot de passe »  sur la 2. Régaler le Zorro avec un chouya de jambon, le chahuter : 6 kilos 700 de raminagrobis, ça donne envie de lui masser les poignées d’amour et les jambonneaux arrières – à propos de chat, visez ça : http://www.youtube.com/watch?v=EHwu-H_KtfU&feature=player_embedded , non, c’est pas le mien, Zorro est noir avec bavette, bedon et chaussettes blanches…

Lire sur son blog que Siestacorta a enfin envie d’écrire, après des mois de silence inquiétant… il va, j’ose pas dire bien, mais il va.

 

     Demain, rebelote : meuble en carton, encore... mais pic-niquer à l’atelier car il fera moins beau. Rentrer, faire ma mise en place – car bien sûr, le souper se déroulera chez quelqu’un d’autre, donc préparer tout ce  qui est préparable, mettre en boîtes plastiques et déménager les victuailles et le wok, heureusement que l’on vient me chercher !

 

Je sais qu’ils vont à nouveau pleurer tellement c’est fin, la cuisine thaï… mais aussi parce que les amuse-gueules au wasabi, ça vaut un ramonage.

 

Et lundi, c’est reparti : remplacer au pied-levé une collègue qui s’est fracassé le plancher orbital lors d’une chute à ski… mardi congé, reposer le dos, aaaah, le pied….

Par Clémentine - Publié dans : Ambiance du jour
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Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 00:10

 

 

Pour vous je sais pas… mais pour moi l’odeur du printemps, c’est ce truc frais et indéfinissable qui se dégage d’un bouquet de tulipes elles-mêmes sans odeur.

 

Le printemps, c’est de déboutonner ma pelisse argentée, celle que je me suis offerte quand le froid s’est fait si mordant que j’ai également sorti la toque soyeuse noire que je porte dix jours par année, lorsque mes petites oreilles me font mal, et que je sens littéralement la chaleur quitter mon corps par la peau du crâne.

 

Le printemps, c’est quand le soleil se lève alors que je bois mon café avant d’aller bosser, et que je rentre chez moi de jour même en sortant du taf vers les cinq heures trente.

C’est une fille de ma volée à Genève qui devenait agitée, demi-hystérique, c’est mon salon de coiffure préféré qui devient effervescent comme un comprimé d’Alka- Seltzer.

Le printemps, c’est commencer d’avoir trop chaud la nuit avec mes deux couettes.

Et voir les jardiniers municipaux grimper aux échelles pour tailler les arbres de mon avenue. Ils sont en vert, salut les grenouilles.

 

Le printemps, c’est me dire que je veux une dernière fondue à savourer en entrant dans un bistro tout chaud alors que dehors, pitingue, skeussacaille.

Et puis les travaux dans ma rue, qui durent depuis août et ont été prévus pour dix mois, vont se terminer fin avril, Folavril, belle de mai… Boris Vian, la trompinette et le suaire de chez Dior…

 

Plus tard, le frangipanier derrière la maison s’étoffe… le lilas s’anime…

 

Nettoyages de printemps, ouvrir les fenêtres.

Oh, une petite mouche est entrée. Une petite mouche existe, donc. Normal, il a fait dix degrés en ville aujourd’hui… Zorro la pourchasse, ou du moins essaie, puis se contente de le faire avec les yeux.

Mon petit pépère est du mois d’avril, le voilà qui va sur ses trois ans. Je l’appelle « Gros chat » à présent. Non qu’il soit trop dodu, mais il est devenu compact, trapu, dense. Il a cessé de se rater au saut, tout juste s’il glisse parfois en faisant demi-tour sur le bord du lavabo pour aller s’abreuver au robinet que je lui ouvre.

Grochat et moi, depuis deux ans et quelques mois, on a pris nos habitudes. Il passe parfois des soirées avec moi, tolérant ou réclamant selon les moments  mes semi-massages affectueux : j’aime le tripatouiller, chatouiller ses coussinets, chercher du bout des ongles les petites croûtes résultant de ses explications avec les chats du voisinage. Parfois il grimpe sur ma hanche quand je suis couchée à la Récamier, s’installe en me tournant le dos, se calant dans le creux de mon bras.

 

Il dort avec moi quand il n’est pas en vadrouille, parfois contre moi, parfois au bout du lit. Il vient souvent me saluer brièvement, ou réclamer des croquettes, me suit là où je vais, me galope dans les chevilles ou s’installe sur mon chemin, me forçant à l’enjamber…  ou encore se met en embuscade pour détaler sur mon passage.

 

Le rituel du matin est assez bien réglé : il vient se mettre en vigie sur le couvercle des WC, les oreilles baissées tant que l’eau du bain coule, m’entretenant parfois de ses soucis à petits miaulements brefs, quasi-silencieux : je vois juste sa gueule s’ouvrir et ses yeux ronds se plisser. Puis il vient réclamer son filet d’eau fraîche quand je m’installe au lavabo pour me brosser les dents, battant en retraite quand l’odeur de menthol lui fait friser les moustaches.

Quand je m’installe à la table de la cuisine avec mon café et le journal, il fait de même, généralement en demi-lune de manière à ne pas se faire déplacer – il a fini par comprendre que s’il s’étalait sur mon quotidien,il se faisait virer. Parfois il se lève pour quêter des câlins, tête contre la mienne, front contre front, moment d'échange affectueux; il tournicote en rond, tente de prendre ses aises, mais le dos de ma main sous son ventre l’en dissuade, et il retourne se coucher sur le bout de papier que je lui réserve (quelqu’un peut m’expliquer pourquoi les chats aiment tant ce matériau ?).

 

Voilà, c’est comme ça en toute saison.

 

 

Au fait, je n’ai pas vu de perce-neiges cette année, et vous ?

Par Clémentine - Publié dans : Zorro l'indomptable - Communauté : Au fil des jours
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