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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 19:59

Peu satisfaite de la communication avec ma doctoresse pour dames, qui parle avec désinvolture de ma fertilité et fait presque de la télé-consultation avec son appareil à ultrasons, au début de cette année je me suis remise en chasse : histoire de dégoter l’équivalent de ma généraliste, pour garder l’œil sur mon appareil de femme. Un trésor précieux, qui ne se laisse qu'aux mains de gens sûrs.

 

Longtemps j'ai fréquenté le planning familial: la minuscule dame au nom comique qui me prenait en charge, elle était toute douce, elle savait que ma tension artérielle était faussement augmentée si elle me la mesurait avant que je sois passée au trabetzet... et puis sa fille, je l'avais rencontrée pendant mon stage avant le bachelor de documentaliste, alors qu'elle préparait son bac: un jour, j'entends des gens faire du barouf dans les rayons de la bibliothèque, je vais leur demander de faire silence... et je m'aperçois qu'ils se parlent par signes - tout en me disant in petto que c'était paradoxal de faire autant de bruit pour des sourds, j'admire l'expressivité et la vélocité de leurs échanges... et quelques jours plus tard, je la recroise et lui demande où on peut apprendre ce langage. Et c'est ainsi que j'ai acquis les bases de la LSF, la langue française des signes.

Bref, je dérive. Mais la vie est pleine de bonnes surprises, lorsqu'on se laisse aller dans les tourbillons du bord de vague...

 

Donc je disais que j'avais senti qu'entre ma gynéco de transition et moi, sorties des contrôles de base, ça ne le faisait plus trop.

 

 

Je m’étais alors souvenue d’une jeune obstétricienne connue lors de ma formation de sage-femme, qui détonnait sur l’ensemble des assistants : à l’écoute, chaleureuse… qui ne se prenait pas pour Wonderwoman.

 

 

Je l’ai donc cherchée sur le net, son nom de famille m’échappait… et tout-à-coup, bingo. Sa secrétaire m’a d’abord dit qu’elle ne prenait plus de nouvelles patientes, mais en faisant jouer la corde de l’ancienne collaboration, j’avais réussi à obtenir un rendez-vous. Autant dire que j’attendais avec impatience de la consulter ! Je me suis lancée ce matin pour franchir les 40 kils jusqu’à sa salle d’attente, et je n’ai pas été déçue : déjà, sa secrétaire est une originale assez drôle. Et faite au feu : je lui ai dit que ma tension, valait mieux la prendre après l’examen. Elle m’a répondu que l’effet blouse blanche, ben oui, ça créait de faux hypertendus…

 

Et puis, Christiane est venue me chercher en salle d’attente ; on s’est sautées dans les bras, elle s’est rendue compte que c’était elle que je voulais et personne d’autre pour me suivre, que j’avais traversé la moitié de la côte lémanique pour venir la voir… on a causé de choses et d’autres, késtafais tout ce temps, épitoi ?

 

Je lui ai exposé ma problématique, elle a suivi mon raisonnement et adhéré à mes conclusions sans problème, au sujet du traitement le plus approprié à mon cas. Jusqu’à l’examen que toutes nous redoutons, avec cet engin métallique barbare, et le brosson qui va gratouiller une zone réputée insensible, mais qui me fait quasi tourner de l’œil : c’est passé comme un lettre à la poste, et je ne sais pas comment elle fait pour vérifier ce qu’elle a à vérifier du côté du sac-à-pouvoirs et de la fabrique-à-oeufs, mais elle a expédié ça en quelques secondes, oops, déjà fini ? Un rêve.

 

 

On s’est entendues sur la collaboration au sujet de ma santé, elle m’a ôté les mots de la bouche. Je suis ressortie avec l’ordonnance que je savais la bonne… Jamais été si contente de voir une gynécologue ! Comme l’après-midi j’allais voir mon esthéticienne pas loin, je suis allée manger une pizza extra, et puis j’ai traversé le Chablais en largeur pour aller me faire bichonner le faciès, les petons et le dos.

 

Et je lui ai raconté, à Marina, mes derniers coups de torchons : après l’associée-boulet, la goutte qui a fait déborder le vase le 3 juillet. Et que la première offre d’emploi que j’ai faite juste après m’être fait malmener est probablement celle que je vais honorer… qu’en somme, j’avais changé de boulot en deux heures.

 

 

 

C’était une chic journée, ça, Madame. En plus, j’ai réalisé que si je ne signais pas de contrat pour le premier poste pressenti, l’autre m’attendait à bras ouverts. Seule la superstition m’empêche d’envoyer d’ores et déjà ma démission…

 

 

Alors, je me sens repiquer vers la bonne humeur, et j’attends de voir ce qui se passera ces prochains matins, car ces derniers temps au tidéj, jusqu’à ce que le millepertuis fasse effet, que je sois lancée dans la journée, une vague mélancolie me saisit. Je préférerais me passer de monter à la vitesse supérieure, franchement.

 

 

Alors, ne penser qu’à me faire plaisir cette semaine : demain, la manucure jolie… après-demain la coiffeuse-coupeuse de cheveux miracle et ses massages du cuir chevelu aux huiles essentielles, et qui ne coûtent quasi rien…

 

 

Laisser couler le week-end, et aller mardi voir la direction générale pour le taf visé… attendre la réponse…. Et quoiqu’il en soit, me faire le grand, l’immense plaisir d’envoyer ma dém’. Puis d’envoyer mon arrêt de travail aux mêmes… car je réalise que je serre les fesses depuis un assez méchant moment, que le tiers de mes vacances aura été employé à chercher du travail, et que retourner "là-bas" même quelques pauvres semaines, ça va être de trop, et en tous cas me pousser vers une médication d'appoint dont il serait bien plus raisonnable de me passer. Ralass', ça suffit, es reicht.

 

 

 

 

Vu comme ça, au lieu de me sentir en train de faire ma valoche pour le sanatorium, j’ai l’impression de me préparer une escapade au bord de la mer. Je bulle.

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Published by Clémentine
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