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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 11:57

Et bien voilà, j’ai franchi mon Rubicon…

 

 

La bonne nouvelle de mon engagement au poste que je visais est tombée hier en fin d’après-midi.

Je retourne à mes amours précédentes, les soins à domicile. Et non plus sous le signe de l’urgence nocturne et du dépannage régulier, mais comme référente fixe, tout en préservant un pourcentage correct.

 

Meilleures conditions salariales, cadre plus sûr et qui m’évitera je pense plein de bizarreries diplomatiques, dont les fluctuations me surprenaient (le mot est faible…) de plus en plus.

 

Le deuxième entretien qui s’est déroulé hier était à la fois éprouvant et riche : les procédures d’engagement ont bien changé en dix ans. Le représentant des RH est un consultant externe mandaté temporairement le temps que le poste de base soit repourvu, et je me méfie des consultants en communication, surtout ceux qui croient avoir des outils fiables en main, genre PNL mal utilisée (comme la surveillance de la direction du regard) ou théories fumeuses et applications informatiques en découlant, non moins gloubiboulguesques ; mais celui-là était franc du collier, accueillant, exigeant aussi. Pas de pseudo-test à la gomme ; des questions, des priorités posées clairement.

 

Et puis, mon cursus HES de documentaliste m’avait heureusement préparée à des échanges reflétant le virage pris. On a parlé de facturation rigoureuse du temps consacré aux situations, à la fois sur le terrain et sur le plan administratif – je me souviens que les soignants, il y a dix ans, ne pensaient pas à compter le temps passé au bureau, à contacter les divers intervenants. Et que du coup, les chiffres rouges apparaissaient au compteur… probablement la conséquence de l’histoire d’une profession longtemps placée sous le signe du quasi-bénévolat.

 

On est passé, même dans le vocabulaire utilisé, à une vision plus saine des choses : le patient est devenu un client, tout en restant un bénéficiaire de soins – bénéficiaire de prestations, c’est encore plus juste.

 

Possédant les bases de l’entrepreneuriat et de la culture commerciale grâce au tronc commun suivi en HES, où ma filière côtoyait celles des informaticiens de gestion et des économistes d’entreprise, je suis en accord avec ce côté-là de l’évolution nécessaire au domaine.

 

Et je suis également tannée d’entendre mes collègues actuelles monter régulièrement au créneau dès que viennent sur la table les questions cruciales liées à la rentabilisation des locaux, ou au prix des formations diverses ; poursuivre un but humanitaire n’empêche pas de tenir les cordons de la bourse avec précaution et vigilance, pour éviter le sabordage d’un bel élan. Ras-le-bol d’entendre des réflexions sur la « chouettitude » que ce serait de monter des cours liés au développement personnel : même si c’est à la mode, attirer le chaland est une autre paire de manches. C’est pour ça qu’on fait des études de marché, c’est pour ça qu’on prospecte, qu’on surveille la concurrence… c’est pour ça qu’il faut un papier et de l’expérience en marketing !

 

J’avais trouvé déjà super fair-play que la directrice d’une entreprise, même pas directement en compétition avec mon employeur, vienne spontanément avertir ma hiérarchie que se mettait en place, ailleurs, une offre de formation rendant peut-être caduc un plan de cours de mon secteur. Mais même quand j’en avais entendu parler par ma supérieure, j’avais bien vu qu’elle amplifiait le danger, n’étant pas formée pour avoir le réflexe de garder l’œil sur le marché… le public visé était si différent qu’à mon avis, aucune concurrence ne se dessinait – et aucun concept n’englobant l’autre, le cloisonnement entre les destinataires des deux formations est si net que je vois pas comment elle peut perdre de vue ce fait, qui n’échapperait pas à une personne brevetée en ingénierie de formation. Et pourtant, elle dispose dans le secteur d’une personne de ce niveau, qui plus est, hyper-expérimentée dans les soins… car bien sûr cela lui est d’autant moins visible qu’elle n’est pas non plus formée comme formatrice, ni comme soignante : une fouletitude de considérations lui échappent, et l’empêchent de clarifier les menaces et les opportunités, les forces et les faiblesses de son secteur – quand bien même il lui resterait loisir de se pencher dessus, toute occupée qu’elle est à mettre au pas une équipe, et à gérer sa trouille des partenaires étatiques… et de se voir reprocher des erreurs inévitables vu son statut et les moyens qui lui sont alloués.

 

 

 

Bref : voilà, une promesse d’engagement m’est parvenue en fin de journée, j’ai confirmé, tout ça hier. Hier aussi, petit mail d’avertissement à ma cheffe – diplomatie oblige vu que je suis en vacances… et ce matin, zou à la Poste : j’ai raqué 16 CHF pour faire tenir demain matin et à qui de droit le document formel et signé de ma main qui officialise la fin du contrat au 30 septembre. C’est pas cher payé pour la satisfaction que j’en éprouve !

 

Bien. Je vais attendre un peu, puis mailer aux personnes dont je me sens proche au travail – pas envie qu’elles l’apprennent par l’intranet.

 

 

 

Il continue de pleuvoir, été pourri… et je m’en fous à un point réjouissant : ces températures mezzo-mezzo me conviennent.

 

Allez, un poids en moins… programme du mois : soigner mon environnement, continuer à poser mon parcours par petites touches dans mon dossier pré-brevet.

 

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Published by Clémentine
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