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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 11:21

Voici quelques semaines, une estimée consœur écrivain public me contacte pour me proposer de reprendre un mandat pour le moins particulier : écrire, pour le compte d’un détenu, son histoire de contrevenant à la législation sur le trafic de stupéfiants.

 

 

Immédiatement alléchée par la teneur de la lettre qu’elle me lit au téléphone, j’accepte : un récit qui promet d’être inhabituel, une demande orientée vers une certaine crudité de ton, un message qui parle de morale et d’éthique, tout pour me plaire en somme.

 

Elle lui réaiguille mon adresse, et je reçois le même pli qu’elle quelques jours plus tard.

 

Et là déjà, la galère commence pour une première entrevue : vous et moi, pour nous voir, il y suffirait de prendre date de téléphone à téléphone. Mais d’abord, je dois me plier aux règles en vigueur : demander par écrit, et avec une photocopie de mon passeport, un droit de visite.

 

 

Jusque-là tout va bien, je reçois mon autorisation de visite permanente quelques jours plus tard. Je note au passage qu’il n’y a pas moyen de faire passer au prisonnier en question le message, si simple, que je suis en route vers notre rencontre. Je passe par une amie à lui dont il m’avait donné les coordonnées, qui répond d’abord de manière méfiante, puis accepte de lui transmettre que je m’active, lors de sa visite à elle deux jours plus tard. A noter qu’entretemps, bien qu’ayant tenté de contacter son avocat, aucune réponse ne m’est parvenue.

 

 

Nul n’est une île, pourtant, dit le dicton. Voire…

 

 

Depuis deux jours, j’essaie en vain de contacter le bureau des visites : ça sonne dans le vide, au secrétariat aussi… Un type à peine aimable, atteint dans un autre établissement du même regroupement carcéral, me dit d’insister : il ne peut réadresser mon appel, point-barre. Alors j’essaie le service socio-éducatif de l’établissement : le secrétariat est… en pause. Faut recommencer dans dix minutes. Je recommence : et l’on me dit, enfin… que le gaillard a été libéré.

 

 

Je cherche à le contacter, je laisse des messages ici et là, la secrétaire de son avocat me donne une adresse e-mail. Et tenez-vous bien, une heure après ma demande de parloir qui a échoué, alors que je suis en train de lui écrire, c’est l’agent de probation du bonhomme qui m’appelle pour me demander si je sais où l’atteindre, avec quelques autres questions à la clé, comme : « vous êtes une amie à lui ? »

 

 

Conversation détendue, voire humoristique et rigolarde, où j’ai reprécisé la donne, et en fin de laquelle je demande comment le policier a eu mon numéro, il me répond hilare : « je travaille à la police, Madame… vous n’êtes pas fichée, rassurez-vous ». J’avais pas besoin d’être rassurée, va.

 

Je voudrais juste écrire avec ce gars-là son histoire à 4 mains, ça me titillle parce qu'il parle d'éthique et de morale, et que comme débat, ça m'intéresse, oh que voui.

 

Quand même… Big Brother is watching you, qu’on se le dise.

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Published by Clémentine
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  • : Mmmhhh... voyons voir. Il va y avoir: - des billets d'humeur - les trucs du quotidien qui me font gondoler - vous aussi, si tout va bien - des réflexions éthiques (eh oui, je m'en pique) - les aventures de Zorro le chat, qui apprend la vie en sautant dans une baignoire ou des WC qu'il croit vide ou au couvercle rabattu - des choses comme ça, quoi
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