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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 19:21

 

 

Quoi, ça fait déjà 5 ans que je tiens ce blog, j’y crois pas… Merveilleux exutoire, qui m’a aidée à gérer de périlleux embouquages de détroits personnels et professionnels. Exprimer de ma tête doutes et petits bonheurs, colères et jubilations, voilà ma cure à moi.

 

Noël cette année, en solitude bienvenue, besoin de silence et de non-chocolat, de ne pas me joindre à une effervescence surfaite et que je ne ressens pas. Un simple souper le dimanche suivant avec les neveux, la frangine et la petite cousine qui babole gentiment. Menu habituel des pâtes au saumon et aux morilles, je refile comme d’hab’ mes champignons à ma sœur, rien à faire, ça et les mollusques aisni que les crustacés au-delà des gambas, ça ne passe pas.

 

Echange de menus cadeaux, je repars avec un chouya d’argent, deux bouteilles d’assaisonnement artisanal pour mes salades, une bougie parfumée et quelques produits de beauté à la mangue qui font saliver tous les convives, plus deux promesses d'invitation au resto des deux neveux qui ont zappé les présents. Pour ma part, j’ai trouvé des bricoles personnalisées pour chacun, lors de mon petit voyage à Bienne chez mes potes zarbis: chocolats de confiserie pour l'aïeule, grattoir à dos pour la frangine, gourde pour le neveu benjamin qui aime les randonnées, soin de visage pour l'aîné, carte de Berlin en Néoprène pour le cadet photographe qui y va régulièrement se perfectionner.

 

Le 31, je l'ai plus souvent passé tranquille à la maison ces dernières années: avec le recul, la quête légèrement angoissée d'une invitation à fêter me paraît un acte conjuratoire, comme si la qualité de ce moment allait teinter toute l'ambiance de l'année. S'amuser lors des douze coups de minuit m'a longtemps semblé un must, histoire de retrouver les gens du quotidien en arborant la mine radieuse et fatiguée garante d'une certaine joie de vivre.

Ma foi invitée à une soirée de mercredistes tombant ce fameux jour, je m’y rends avec mon Duplo de voiture, lestée de 4 filets de mandarines en guise de contribution. Le thème annoncé des « vieux à l’EMS » a été abandonné, on était trop peu - et pour cause... pas trop alléchante, l'idée; j’avais d’ailleurs oublié de préparer quoi que ce soit dans ce but - aucun tintébin pour la course -, et l’une des convives a dit avoir renoncé à se vieillir avec du maquillage, les dégâts étant déjà irréversibles… Bref, spontanément, j'avais gommé de ma mémoire toute idée de jouer aux gâteux, lors même que l'instigateur de la soirée avait envoyé un SMS annonçant finalement qu'on ne mimerait pas l'EMS en live.

 

Mais à force de jouer aux vieux cons, gaffe, est-ce que ça déteindrait ? Souper goûtu, mais semble-t-il rien à se dire ce soir-là en petite équipe. On a donc fini devant un grand écran de home cinema, le choix par élimination nous mettant devant les Bluesbrothers 2 Le retour, une resucée gnangnan du premier. Impossible de trouver le sous-titrage, donc seuls ceux qui comprenaient bien l’anglais riaient au bon moment. Bref, comme séance d’animation passive en maison de retraite, c’était parfaitement dans le ton ! A minuit, bises, champagne (très bon, rien à redire). Et fuite  de ma part.

 

Des Nouvel-An comme ça, rhô, non. J’étais mieux chez moi avec mon chat, tiens; qui, lui, passe ce cap en ignorant tout de sa symbolique, quêtant comme d'habitude un rab de croquettes, pas folle la guêpe, droit aux priorités.

 

Le deuxième jour de l’An, je sors de chez moi pour rejoindre mon vieux pote et ses mômes en expédition à la Saline Royale, dans le Haut-Doubs : mais où ai-je foutu ma bagnole? Pour une fois qu’elle était sous mon nez, en face de chez moi, je cherche midi à quatorze heures, à l’autre bout du quartier ! Bien sûr que j’aurais dû me rappeler cet excellent augure pour 2015, ha ha, car j’avais pu me mettre, en rentrant de chez les vioques, sur THE place convoitée par excellence et pour la première fois depuis que j’ai ma nouvelle tire.

(Manquait plus que de marcher dans la houmfa*, comme je le fis il y a une dizaine d'années, portant le nouveau-né d'un couple de potes dont madame avait passé la période à l'hosto, craignant une atteinte cérébro-vasculaire suite à une manoeuvre ostéopathique pourtant précédée de toutes les précautions habituelles; le trajet jusqu'au CHUV avait embaumé le caca, et le papa conducteur avait dégusté, mes semelles étant pour ainsi dire sous son nez! En arrivant dans la chambre privée du service de neuro, j'avais bizouté ma copine  menacée d'un Wallenberg (http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_Wallenberg), puis filé dans sa salle de bains pour dégreuber mes pompes, un vrai bonheur d'incrustation. Voilà qui me rappelle un matin d'anniversaire, où nuitamment j'avais traversé un parc en galopant pour choper mon train; croyant marcher dans un simple lit de feuilles mortes, j'avais pataugé dans une flaque de vomi, et rapatrié malgré moi reliefs et odeurs jusque dans un wagon où j'avais vu blêmir quelques faces, avant de confier mon sac de cours à une dame dégoûtée, histoire d'aller relaver mes bottines.)

Quant à savoir si les années ainsi marquées au sceau de la supposée chance avaient réellement été exceptionnelles de bol tous azimuths, je ne me le rappelle pas...

 

 

On a donc fait notre expédition en nous arrêtant le midi à Salins-les-Bains pour manger dans un restaurant à la carte courte et savoureuse ; pour moi, une côte de sanglier, avec ‘tits légumes en marmite de pain maison, des figues au miel et confiture d’airelles. Moi qui ai loupé la chasse cette année, ça m’a vengée.

 

Je n’ai pas bougé aujourd’hui, humeur morose au matin, mots croisés et sudoku puis ménage et sieste prolongée, quelques feuilletons policiers, un 5ème sac de mandarines me tenant compagnie. Le chat est distant, il y a des jours comme ça où on fonctionne tout juste, on cohabite sans plus. Il est revenu en fin de soirée, s'installant contre moi, affairé à s'arracher des touffes de poils en se toilettant, quêtant régulièrement moult grattages de menton et câlins en renversant le chef, me regardant à l'envers d'un oeil alangui.

 

Besoin de déconnecter. Bref, faudra que je pense à me barrer 10 jours entre le 23 décembre et le 3 janvier les années suivantes, dans un endroit où on ne fête rien à ce moment-là, histoire de ne même pas me poser de question. Et même, ne revenir que quand il est considéré comme dépassé de se souhaiter la "bananée", et que le chocolat reçu atterrit sur la table de la cafét'.

 

J’aime pas les Fêtes, décidément: c'est comme se taper les hurlements et les klaxons après la finale du Mundial du je-m'en-foote.

 

Bon, je file regarder "Mot-de passe".

 

 

 

* la merde, en bon français.

 

 

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Published by Clémentine
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