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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 20:37

 

 

Alors là les bras m’en tombent… En somme, au boulot c’est moi qui suis à la ramasse, et que moi.

Peut-être, remarquez… mais ce serait vraiment étonnant.

 

Laissez jamais vos larmes perler, même si ça vous fait foutûment du bien ; les autres peuvent bien déstresser à leur manière, en n’osant pas râler quand on ne leur laisse pas de temps pour manger le midi… ou en se payant un ulcère d’estomac, des herpès à répétition, en alignant les heures supp’, ou en charognant le long du couloir en préparant la tournée. Mangez même, empiffrez-vous, et si vous vous faites transformer l’estomac en chaussette, commencez à rabrouer les gens pour compenser tout ce que vous ne pouvez plus bouffer… ça va pas alerter la hiérarchie… mais surtout, chialez pas même si c’est votre mode de relâchement habituel.

 

Car le chef est impressionné, se sent mal et veut vous venir en aide, faut voir comment !

 

La semaine passée, en un jour je trouve tous mes clients du jour fracapétés : la première a un poignet comme un pomelo, la deuxième des points de suture au front, un hématome au visage et le nez cassé. Le troisième seul à domicile pour cause d’épouse hospitalisée en urgence, mais avec lui-même de l’eau dans les poumons, soigné olé-olé par un médecin qui partait en vacances… Le quatrième, la même chose, mais c'est Madame qui, hémiplégique en chaise roulante, se pète la gueule en oubliant de serrer le frein.

 

Du coup, beaucoup à faire, beaucoup, vraiment.

L’administratif, du coup, cube aussi. Et faut pas faire d’heures supp’, hein, vous vous rappelez ?

 

Et voilà que je trouve un planning de merde ce matin lundi, personne n’a tenu compte de mes demandes, j’avais un rendez-vous avec patient et consultant externe. Et ben c’est ma faute, je devais remplir mon formulaire autrement. Tiens, c’est drôle, ça avait pourtant bien marché l’autre fois…

Du coup, on me sort que c’est curieux comme je ne comprends pas les choses tout de suite… j’en reste pantoise, là. Pas mal de gens m’expliquent les choses à leur manière, je tente d’en extraire le principe de base.

 

L’autre soir, on me rattrape sur le pas de porte en me demandant d’accomplir de suite une tâche qui prend au bas mot une heure.

Le fait est que depuis mon retour de vacances, le bordel administratif ne se réduit pas, il augmente, je n’ai plus de marge de sécurité avec tous ces gens qui décompensent, ou leurs proches aidants, et bonjour la merde qui se rajoute.

 

Mais bien sûr, c’est moi qui suis en en faute si je n’arrive pas à me guérir, et à endiguer la surcharge.

Ben tiens.

 

Bref, je suis allée manger ce midi avec une de mes responsables à qui j’ai ri au nez quand elle a prétendu me le proposer comme ça dans le bleu du ciel, vu qu’on se connaît depuis longtemps. "Tu veux me parler?"

La conversation n’a pas mis long à arriver sur mes larmichettes de détente… et j’ai eu droit à une avalanche de conseils sur comment gérer mes priorités (mais vazy donc, après 30 ans d’activité), comment faire ceci ou cela… pour finir, quand même, par : de quoi t’as besoin, là ?

 

Oh.

Foutue bonne question.

Ben j’ai besoin d’un jour complet pour mettre à jour mes dossiers, rattraper le caca laissé par celles qui m’ont remplacée pendant ma maladie et mes vacances.

                                                                                                                             

Et là, l’après-midi-même, les tournées sont réorganisées : demain je reste au bureau.

Merci de ça.

Je vais faire honneur à cette faveur, en reprenant toutes les couillonnades qui émaillent ces dossiers informatiques, que ce soient les miennes, ou celles dont j’ai héritées.

Pas le choix d’ailleurs, car ma grande cheffe veut un compte-rendu. Elle l’aura.

 

Le pompon quand même : voyant que deux collègues se foutent dedans sur une prise en charge dermato alors que j’ai indiqué aux endroits idoines du dossier le pourquoi du comment, je leur réexplique par mail personnel le toutim. L’une d’elles, que j’ai déjà repérée comme délatrice et de mauvaise foi, me remercie d’enfin mettre des recommandations dans le dossier, alors qu’elles y figurent depuis des semaines !!! Et en plus, elle allait me le demander ! Oh yé, mais bien sûr !

 

Si j’ai des collègues qui ne lisent pas ce que j’écris pour leur faciliter la vie…

Si un connard de médecin me donne le triple de boulot…

Si c’est seulement moi qui ne comprends rien…

 

Alors je n’ai rien à fiche dans ce poste.

Et puis j’ai horreur qu’on me flique, sur mes déplacements, le temps que ça me prend… et malheureusement, on me flique.

 

Je lui parle, à ma dîneuse, de mon idée de rejoindre plutôt l’équipe d’appoint : je me prends une leçon de morale sur ce que c’est que d’y bosser – comme si je l’ignorais, ayant fait partie de cette équipe bien avant que mon interlocutrice ne rejoigne ce milieu !

Alors comme elle persistait à me renvoyer que j’étais aux pives, tout en m’offrant de l’aide-mais-je devais-dire-comment, j’ai fini par lui glisser que la solution, pour ne pas devenir la personne-à-problèmes, ce serait de m’en aller. Je lui ai glissé que je me donnais 3 mois, pour refaire un bilan. En dedans, je me dis que dans l’intervalle, j’aurai peut-être bien signé un contrat ailleurs.

 

Si elle n’a pas compris entre les phrases, c’est peut-être bien elle qui est dans le déni.

 

Je me dis, comme ça, que si elle acceptait que c’est trop, ce rythme, alors elle accepterait que c’est aussi trop pour elle, et pour les autres.

 

Faut pouvoir. C'est un peu le syndrome de Stockholm, leur truc.

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Clémentine
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