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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 10:27

 

 

Retour au taf à la fois houleux et en mer d’huile, calme avant la tempête, le ciel jaune avant que l’orage n’éclate. La mer d’huile, c’est que je ne venais que pour un jour, et que j’avais la journée pour faire du bureau, et c’était pas dommage : vu que je n’avais aucun problème à régler dû à mes visites, j’ai terminé en avance. Pour dire que c’était just-just, comme timing, et que je ne vole pas mon salaire.

 

Par contre, avis de tempête à 7 30 du mataguin…

Concours de circonstances, ou bugs dus à mon absence et la mise en sommeil de certaines fonctions sur mon profil informatique ? Toujours est-il qu’en 5’, je me rends compte que je n’ai plus d’accès à l’’ordinateur, que ma tablette de travail a disparu, en plus de n’avoir aucune planification envoyée sur ma messagerie. De quoi me demander si l’entretien prévu avec mes chefs n’allait pas, tout simplement, consister en l’annonce d’un licenciement immédiat…

Ma tablette a été rangée dans mon bureau par ma collègue, celle qui se prend pour la mère universelle... mon profil est débogué par le helpdesk... etje renonce à comprendre pourquoi les mails débarquent en treize à la douzaine tout-à-coup sur ce foutu I-Phone.

 

Entretien foutraque; normal car sans but bien défini, juste avant que ces dames ne s’en aillent ailleurs. De l’autre côté, ça tirait vers un mix entre me préciser mon aberrant cahier des charges et poser des échéances de contrôle de ma maîtrise de ce stupide programme informatique - un entretien de contrat de progression, en somme!… alors que pour moi c’était enfin l’occasion que je demandais depuis des semaines, pour faire des propositions de collaboration, de solutions pour qu’enfin les gens qui sont censés nous remplacer intègrent leur nouveau rôle. On me dit de prendre patience, qu’il faut leur donner encore six mois pour le faire – mais enfin, que faire si ces gens-là sont réfractaires à toute proposition d’aide interne, et même à lire simplement les foutus documents décrivant ce qu’il y a à faire chez les clients, documents remplis par mes soins de manière complète et synthétique, ce qui n’est pas évident… quand ils ne prétendent pas que ces documents n’existent pas, tout simplement, et ça c’était la nouveauté du jour ! Ah, et il y a encore le fait d’être responsabilisée des erreurs de report de données de l’organe chargé d’ouvrir les dossiers de tout le canton, non, là, faut le faire.

De manière générale, comment peut-on justifier qu’un rôle de chef d’équipe soignante de terrain se voie augmenté de multiples tâches annexes chronophages pour assurer le travail d’autres professionnels ? Ce que l’on n’ose pas dire à mon avis, c’est que les déplacements, le temps qui leur est consacré, et bien ce n’est plus le client qui le paie, mais l’employeur. Donc puisque l’infirmière y va, on va faire des économies… En effet, pourquoi les collègues se verraient-ils comme frappés d’incapacité à récolter les données qui manquent ?

 

Dans un autre registre, on ose me retourner mon argument de la mise en danger de la sécurité des bénéficiaires parce qu’il manque l’adresse de la pharmacie pour commander des médicaments - renseignement qui peut être obtenu par n'importe qui! C'est d'une telle stupidité manipulatoire, comme argumentation, que je vois bien que l'on veut juste me faire cesser d'appuyer sur les illogismes du système. Faut pas me prendre pour une conne, pas besoin d'un diplôme pour demander à la madame quelle est la chaîne de pharmacie qu'elle veut fréquenter, alors qu'elle vient d'emménager dans le quartier... et faire sa job de commande de médocs, et puis me redonner le renseignement pour que je puisse le mettre au dossier - puisque je suis la seule à pouvoir le faire...

 

Alors que j’ai à me colleter avec quelque chose d’autrement plus grave et conséquent, comme souci de sécurité: le comportement infantile d’un médecin qui laisse ses prescriptions sur des bouts de papier non-signés, abandonnés au petit bonheur la chance entre des pages du classeur ou dans la boîte à médicaments, tellement ça l’emmerde de faire ça par fax, croiriez-vous qu'au moins il le poserait sur une ordonnance, mon cul…

Mais comment peut-on oser emmerder les référentes en leur demandant de moucher la gamine toute la journée, voire de lui torcher le cul???… Pourquoi serais-je l’ultime garante de tout, alors que je suis la responsable de l’ensemble ? La délégation d’un maximum de démarches serait logique, eh bien non, c’est la référente qui récolte ça ; un peu comme le patron d’une entreprise de matériel de chiottes qui devrait aller le poser lui-même chez le client.

 

Vous voyez l’idée ? Qui ne s’épuiserait pas à aller au four et au moulin ?

En somme, le dernier rempart du cahier des charges, que je croyais correct, il vient de sauter; et avec brio!

 

Il faudrait en plus être prophète, comptable du temps utilisé versus temps imparti par nos calculs prévisionnels, savoir à l’avance ou regarder toutes les semaines si une situation qui demande plus va rester telle quelle ou non ; car dans chaque cas de figure, il faut se taper le remplissage d’un formulaire différent, non mais j’ai que ça à foutre, en plus de mes tournées, et du boulot de plaque tournante que j’assume. Du temps, bordel, il m'en faut plus, ne seait-ce que pour découvrir ces bouts de rôle de référente dont on me parle, mais pour lesquels je dois encore quémander des renseignements pour savoir comment les assumer.

Et puis, prophète, heu, ça s’apprend où ?

 

 

Ce qu’est devenu ce rôle de référent, c’est monstrueux : il faut quémander le paiement aux assurances, quémander le temps nécessaire pour rattraper le retard dû à la surcharge qui s’ensuit quand on veut nous envoyer les trois-quarts du temps sur le terrain sous prétexte que ça, le terrain, c’est facturable… alors que la moitié du temps devrait être réservée à l’accomplissement de l’administratif – qui je ne sais pourquoi souffre d’une aura de non-facturabilité alors que quand je bosse sur un dossier, c’est aussi facturé !

 

Merdenfin.

 

 

Il faut bidouiller des plages de pseudo-consultations de médecins pour ne surtout pas dire la nature exacte de nos tâches – je ne peux introduire aucune justification relative à la mise à jour des dossiers informatisés en le libellant ainsi, ça ne passerait pas – par contre, prétexter un téléphone au docteur pour le suivi de la situation, là je peux filouter, pas de souci ! Mais jamais on ne nous le dira ainsi, c’est sous-entendu… Il faut louvoyer entre les mots, pourvu que dans la bonne case du formulaire informatique l’on tape « évaluation », ce qui rend ce moment facturable. En fait, dès que je réfléchis sur une situation, j’évalue. Oui, je sais bien, c’est logique ! Mais les espaces où il faut justifier le fait de réfléchir doit être rempli avec des phrases-valises conventionnelles qui feront passer la pilule : si j’écris « mise à jour du dossier », là, l’assurance quinte et dit que ce n’est pas facturable… Je suis bientôt à bout de formules recevables par ceux qui tiennent le cordon de la bourse. Je m'en sors en élargissant le temps prévisionnel de mes visites, aussi. Et pour cause: le lien noué avec les clients entraîne plus de confiance, donc d'audace pour poser certaines questions. Donc elle me gonfle supérieurement, la fifille de l'équipe d'appoint qui ose réduire le temps des visites par ce que ça lui a pris moins de temps les deux fois qu'elle y est allée, alors que mon calcul est basé sur 6 mois de fréquentations à raison de deux visites par semaine.... évidemment... juste faire le pansement, ça prend moins de temps, hê!

 

 

Ca va faire, de cautionner la mise sous le tapis de la merde au chat.

 

Vous voulez que je fasse un puzzle à dix mille pièces, mais vous ne voulez pas me donner le temps de récolter les pièces, alors quoi ?

 

Si mon cahier des charges dit que je dois faire face à une surcharge de travail parce que je dois organiser le boulot des autres en prévision des jours de fêtes (Noël, Nouvel-An, Pâques, l'Ascension et Pentecôte, deux dieux, heureusement qu'on n'est pas en pays catholique... ), ou aller couper du bois pour la chaudière ou vendre des myrtilles sur la rue, je peux tout faire – à condition que le temps passé à le faire ne me soit ni reproché (on ne fait pas d’heures supps, ici…), ni accordé comme une aumône. J’ai l’impression de mendier du temps, et que pour me donner quelques misérables pièces, on va puiser dans la sébile du mendiant d’à-côté ! Car si j’ai besoin d’une matinée pour me mettre à jour, on ne va pas appeler une personne de l’équipe d’appoint, nooooon… on va juste répartir mes visites sur le dos de mes collègues directs, sans me le dire, mais eux le voient bien, quand ils voient apparaître les noms des clients à visiter en plus, ils savent qui est la référente et me voient devant l'ordinateur en revenant de leurs tournées, ils me demandent comment ça se fait et je suis bien obligée de répondre. Bonjour le porte-à-faux…

 

J’ai l’impression qu’elles font leur maximum, nos cheffes ; que quand on met le doigt sur un  truc qui peut être résolu avec les moyens dont elles disposent, oui, là, elles peuvent assurer. Mais que dès qu’on touche aux aberrations du système, elles atteignent vite leurs limites : quittancer reste possible, mais au-delà, je vois apparaître des réponses-boucliers inattendues, des raisonnements manipulateurs pour me clore le bec, juste pour ne plus les entendre, vu qu'elles sont coincées autant que moi dans cette galère. Voilà pourquoi elles finissent par me tenir des discours dignes d'otages souffrant du syndrome de Stockholm.

 

Bidouiller des plannings pour se mettre à l’aise, c’est autre chose que d’arnaquer pour disposer du juste temps nécessaire pour accomplir ses tâches. Et là, avec ce job, j’ai appris à bricoler en passant les billets d’une enveloppe à une autre, en cachant la réalité. J’escroque, mais pour pouvoir faire ce que j’ai à faire.

 

C’est minable.

 

Ce qui me porte à présent, c’est l’énergie de la colère devant les constats d'irrationnalité que je fais jour après jour. Du moment qu’elle peut sortir ici, ma colère, ça ira. Je voudrais pas me mettre sous médocs pour la supporter, ni développer une grosse merde dans un sein faute d’avoir pu l’exprimer.

 

Je cherche donc un travail de soignante, formatrice, avec une solide expertise de résolution de problèmes par priorités et selon les critères de soins, une excellente capacité à nouer des liens et des partenariats, une réflexion éthique et un diplôme de documentaliste capable de monter un dossier d’état des lieux sur une question en un temps record. Et tout ça pour 5000.- par mois, mais à pas plus que 80%. Et sur le canton de Vaud, mais si c'est dans la région lausannoise au moins, je vais pas râler...

 

Si quelqu’un en veut, qu’il me le dise.

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Published by Clémentine
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