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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 08:34

 

 

Pas revenue ici depuis un sacré moment, il me semble.

 

Très occupée à ne rien fiche, comme j’aime, pendant mes vacances. Oh, faire la méduse, se laisser porter par le courant, en donnant juste l’impulsion pour prendre le meilleur… Et puis, gérer mes divers retards en rendez-vous chez le véto, le médecin pour dames, les impôts en souffrance, renouvellement de verres de contact.

 

Ça procrastine sec, par ici. J’ai besoin d’un énorme sas de détente pour décider de prendre soin de moi - même pour ça.

 

Le médecin pour dames, ce sera pour septembre. Les impôts, le temps de signer un paiement pour m‘acquitter de mes dettes, hop, je suis tranquille. Quoique voir 3000 boules se faire la malle de mon compte, ça me laisse avec la moue, j’avoue. Les verres de contact… en fait, faudrait surtout que je fasse refaire mes lunettes, car je jongle genre avec-sans-avec quand je fais des mots croisés en m’aidant du lexique sur l’ordi.

J’allais oublier la bagnole, que les fouines ont tellement bien boulottée que j’en ai pété un joint de culasse… Et il va falloir un bon mois de plus avant qu’elle soit prête, car malgré sa relative jeunesse, pour trouver une pièce d’origine en Europe, apparemment c’est tintin ! Je rajoute les téléphones avec l’assurance, qui d’abord prétend que je ne suis pas couverte… ensuite, que je vais devoir raquer 800 CHF sous prétexte qu’un joint de culasse est déjà usé après 10 ans (ou une connerie du même genre…).

 

Bref. Heureusement que je peux me démerder sans !

 

Faut que je consacre juillet à pondre les divers travaux attendus pour le brevet. En fait, à formater ce que j’avais déjà engrangé, selon le plan reçu en cours la semaine passée. Heureusement que le partenaire de tandem de formation qui m’a été dévolu par le hasard est demandeur, ça me force à produire des délivrables.

Je trouve si pesant, au quotidien, de devoir gérer tous ces petits soucis, qui ne sont jamais si urgents donc qu’on laisse de côté : téléphoner à la gérance pour obtenir de revenir à l’ancien système de paiements… un coup je tombe sur une nénette qui est agréable, ne la ramène pas et me dépanne ; un coup, sur un péteux qui se permet de me faire la morale, puis m’assomme de détails techniques dont j’ai juste ranafout. Contacter enfin un technicien TV pour qu’il vienne régler l’image sur toutes les chaînes, le passage complet au numérique me foutant la nausée à cause de la distorsion. Toutes ces petites choses, qui avant ne traînaient pas car je les réglais pif-paf dès que le problème survenait… C’est comme le ménage, assommant. J’aimerais que ce soit un truc qui me calme, le ménage… une sorte de méditation… mais mes surrénales ont été trop malmenées, trop longtemps, pas sûr que je les récupère, elles sont fatiguées.

 

Bref, tout ça pour vous parler de ma visite chez le véto avec Zorro hier. Pour une fois, c’est la véto-chef que je vois.

Mon petit pote a encore pris 200 grammes en 15 mois, c’est moins grave que 500 par an comme jusqu’ici, mais bon, me voilà avec un pipolino à lui apprendre à manier (un cylindre en plastique qu’il doit faire rouler par terre pour libérer des croquettes), histoire qu’il puisse se dépenser un peu pour gagner sa pitance. Premier jour aujourd’hui…  pas un franc succès… heureusement que je sais que certains katzes mettent presqu’une semaine avant de capter, et que j’ai des tuyaux et astuces sur vidéo pour parer à son intelligence qui peut être fulgurante sur certains points, mais comme absente concernant d’autres. J’espère que ça va vite faire le déclic, comme pour la trappe !  C’est surtout que moi je dois m’abstenir d’intervenir. Et puis la véto lui a passé une brosse métallique spéciale sur les flancs et le dos, en quelques coups elle a ramené une impressionnante quantité de sous-poils dont il n’arrive pas à se défaire vu son embonpoint. Là, je prends une bonne leçon. A moi d’être plus vigilante. C’est peut-être pour ça qu’il s’arrache des touffes, là où il peut.

 

Sinon, mézigues… ben je suis contente de reprendre des médocs finalement. Les spagyries, toutes efficaces qu’elles soient, ne me permettent pas de laminer mes montagnes russes. De colère larvée en colère ouverte, je me fais du mal à poursuivre un idéal en matière d’humeur, en visant l’hypothétique moment où j’aurai définitivement tordu le cou à mes démons familiaux ; je ne peux rattraper le fait que ma génitrice se soit considérée comme une sœur plus que comme une mère, nous laissant ma frangine et moi livrées à nous-mêmes le matin dès nos 10 ans. Le reste à l’avenant, comme si nous n’avions plus besoin de rien à partir de ce moment, question accompagnement protecteur. Manifestant sa mauvaise humeur et son agacement lorsque nous avions besoin d’elle comme mère, conseillère, tutrice… un abandon psychique déguisé en méthode éducative de merde pour se justifier, infusé en même temps qu’une fierté de gamine gratifiée d’être félicitée de se débrouiller seule, même si on le fait mal ou avec dommages collatéraux. Un enfant n’a pas besoin d’en chier pour apprendre la vie, depuis quand marcher sur le feu vous fait les pieds ?

J’en ai appris à me précipiter sur des bouées de sauvetage, que ce soient des personnes, des situations, des propositions qui me mettaient en sécurité dans l’immédiat – un peu comme manger de la nourriture avariée sachant que l’on va être malade, mais la mangeant parce qu’il n’y a que ça.

 

Voilà bien un autre effet bienvenu des médocs : pouvoir devenir observatrice des chaînes de cause à effet, et dépasser ainsi le sentiment d’être victime pour toujours d’un truc qui s’est passé peut-être une fois, avec assez de violence pour marquer la mémoire affective – ou plusieurs fois, mais à chaque fois renforçant un ressenti vicieux qui s’installe en boucle fatale.

 

Première fois depuis des semaines ce matin que j’envisage avec sérénité d’être encore ballottée quelques mois avant de trouver un taf convenable. Convenable, notez bien : pas « idéal ». Un endroit, une manière de travailler qui me permette d’être le plus possible en paix avec un choix professionnel fait il y a presque 35 ans - la première balise de détresse à laquelle je me suis cramponnée, en fait. Et laisser faire le temps, vers la délivrance, lorsque je pourrai me consacrer à mes dadas. Car c’est toujours pesant, ce rôle… malgré tout. Moins en soi, qu’à cause des projections extérieures faites sur ce personnage professionnel – le nombre de gens qui pensent que l’on va bosser gratis puisque, paraît-il, c’est une vocation ! Pour moi, c’était un accident de parcours, un détour plus sûr que ma peur de devoir cohabiter encore 3 ans avec deux monstres d’égoïsme assez nombriliques pour me déraciner de mon quartier et me forcer à me lever une heure et demie plus tôt et à rentrer une heure et demie plus tard, à 9 mois du bac.

 

Peut-être qu’assumer ce choix professionnel (euh, plutôt un choix de survie autonome, en fait), en fin de compte, ce sera ne plus le considérer comme unique source de gratification (je retire quand même une certaine fierté d’être une experte en soins généraux, capable de prendre au vol n’importe quel type de traitement standard – et je ne vais pas laisser l’envahissement technologique me discréditer à mes propres yeux). Mais le considérer plutôt comme ce qui me permet de payer les factures, et de mettre un peu de côté, pour en profiter maintenant ou plus tard. Me distancier de l’importance que ça prend dans le temps à vivre. C’est la meilleure source de revenus que je connaisse, mais pas la plus gratifiante. Pour ça, faut que je me mette en quête vers ailleurs.

 

Après le brevet, je pourrai me remettre au bâti d’un site d’échanges, qui propose des formations sur le mode participatif, moins cher que tout ce que je vois sur le marché - la moindre journée coûtant 200 balles. Organiser des rencontres en allant chez quelqu’un qui a la place, c’est déjà s’épargner le coût d’une location de salle.

 

Une chose à la fois. Encore un bon effet des médocs : au lieu que tout se bouscule et se télescope dans ma tête et mon plexus – projets, illusions perdues, cassures brutales et répétées avec un environnement qui fut prometteur et des gens se transformant en boulets vampiriques – une sorte de calendrier se dessine. Les événements, situations et rencontres décevantes cessent de se superposer en un amalgame indéchiffrable. Un plan se découpe en ombre chinoise, avec des zones d’incertitude qui vont rester telles quelles jusqu'à la dernière minute..

 

Ce matin, je me sens sereine à l’idée de gagner un peu moins ; de devoir paperasser encore pour calmer le jeu ; de ne pas trouver de suite un job qui m’aille.

 

« Seize the day ». Même s’il est fait principalement de lessives, vaisselle, courses.

 

Déjà, je pose cet article sur le blog, et je vais chercher mon journal.

 

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Published by Clémentine
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