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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 09:19

Je feuillette le catalogue… à la recherche de trucs bien précis : des parures de lit, comme on dit à présent.

Les miennes partent en quenouille ; une usure de la trame du drap-housse, à l’endroit où je pose le talon pour me remonter, s’est rapidement transformée en une déchirure de 50 cm ; comme une autre il y a 6 mois ! Mais les taies aussi se déchirent, alors bon, il va falloir agir.

Ils ouvrent tard, là-bas, j’ai le temps ce matin : pour un jour de congé, dommage, pas réussi à jouer les prolongations au dodo, il est 8 00 et je pitonne déjà sur le PC depuis une bonne heure.

Je regarde donc le catalogue : c’est fou, on dirait que la tendance marketing, c’est de taper dans l’œil des parents seuls ou séparés.

Comment ranger son bordel efficacement quand on dispose visiblement de la moitié du volume nécessaire, quand on dort dans la même pièce que les mômes, et j’en passe.

L’idée d’espace privatif est pour ainsi dire gommée… j’avais une pote qui s’approvisionnait là-bas, hyper-ordonnée, et qui arrivait à faire tenir dans 20 m2 une cuisine, une salle à manger et un salon. Mais alors, tu savais plus où poser l’œil pour qu’il se relaxe ! Deux pré-ados à l’époque de notre amitié, chacun à l’aise dans leur chambre, et maman qui avait casé son poste de travail d’indépendante dans sa chambre à coucher.

L’atmosphère en devenait soûlante, ça entremêlait l’ethno avec le high-tech, il y avait juste le plafond qui restait neutre et encore…

Remarque, je peux parler : ma cuisine est mon atelier. A ma gauche, de quoi se faire à manger. A ma droite derrière ma chaise, une étagère pleine de documents, de binz de bureau…

Ce week-end donc, me rééquiper pour pouvoir dormir au net, et mes duvets déployés au lieu de se tasse en boules diverses dans des fourres trop petites dans une dimension, mais trop grande dans l’autre – cherchez l’erreur. Encore une stratégie-marketing, de vendre de la literie avec des dimensions si spéciales que seul le vendeur d’icelle peut fournir l’acheteur en enveloppes de la dite-literie…

Et puis, les courses juste pour avoir de quoi remplir le compotier de fruits frais, pour compenser le contenu du frigo : plats frais prêts à réchauffer, salades composées-minute. Les croquettes du chat, qui râle tel un pou dès potron-minet pour avoir ma compagnie ou mon lit du moment que je ne suis plus dedans - j’hésite. Ce matin, il n’est pas sur la table où j’écris, donc ce n’est pas difficile d’imaginer où il joue les étoiles de mer – un coup d’œil pour vérifie : en effet, il ouvre un œil, un seul, lorsque je regarde dans ma chambre, étendu en demi-lune et bien relax là où je dors habituellement.

Demain, je revois mon fidèle client pour corriger le 3ème livre qu’on écrit ensemble. Quand il vient, je fais en sorte que la cuisine, l’entrée et la salle de bains soient nettes. Donc tout ce qu’il ne l’est pas atterrit dans la chambre, et ça finit par faire partie du paysage au point que je ne pense même plus à évacuer les sacs de papiers et de verre cassé quand je passe devant en sortant pour aller bosser.

Un joyeux bordel, au mieux. Mes 35 m2, ils me vont bien. Plus de place signifierait encore plus de bordel, alors…

Sinon, quoi… le taf, ah oui. Je sens mes collègues responsables d’équipe, que je décharge d’un rôle très prenant, anxieuses de me voir débarrassée de toute tâche en dehors de ce dicastère précis. Tout en me disant que mon poste reste à créer… il semble que j’en fasse trop pour mes collègues de terrain. J’ai certes posé quelques balises pour leur faciliter la vie, mais depuis 15 jours, je les habitue gentiment à ne plus me solliciter pour les dépanner, vu que j’ai non plus une fonction de soutien et appui pour elles comme pendant les deux derniers mois, mais bien pour les deux responsables d’équipe. Changement de paradigme…

Il me reste tant de choses à mettre en place : les manœuvres informatiques, c’est déjà complexe, et ce qui m’aiderait, c’est d’arriver vite au stade où je comprends tout ce que ces manœuvres déclenchent dans l’ombre, et qui nous retombent dessus quelques semaines plus tard. Tellement de détails à mémoriser…

3 personnes au moins croient savoir quels sont mes « défauts » à corriger. Voilà qu’hier l’une d’elles me propose de présenter mon rôle aux équipes – alors que je ne le cerne pas encore complètement, vu que je dois le créer ! Je m’étonne de leurs analyses respectives, qui font l’impasse sur le fait de me demander, à moi, comment je perçois les choses. Quand des solutions toutes faites sont données, c’est souvent pour avantager le donneur de solutions…

Par contre, je vais changer de marraine extérieure, car avec celle que j’avais pensé OK pour moi, ça ne matche pas trop : je vais essayer avec une personne dont je sais qu’elle est à peu près aussi neuve que moi en poste, on devrait être plus sur la même longueur d’ondes. En plus, nos deux équipes, exclusivement, font partie d’un projet-pilote qui nous a été présenté hier : une collaboration avec une équipe de dépannage en traitements particuliers, qui n’a pas assez de boulot (étrange à entendre, au passage). Alors plutôt que de recycler directement cette équipe en soutien de terrain, voilà qu’on pense judicieux d’inventer un rôle d’intermédiaire supplémentaire, et dont les modalités envisagées entraîneraient une double-visite chez le client pour se passer le témoin en co-construction avec lui. On a échangé des regards entendus avec l’une des assistantes sociales, on voyait bien les zones d’ombre du truc, même s’il est présenté comme une possibilité de décharger les référentes. Facturation et rentabilisation, d’un côté… et au train où vont les choses, à peine ce modèle sera accepté s’il l’est, qu’une nouvelle donnée arrivera dans le paysage et mettra les responsables devant un choix cornélien : justifier le projet pour qu’il reste en place, histoire de maintenir un truc qui aura coûté beaucoup de temps et d’énergie. Ou l’abandonner au profit d’une nouveau projet qui suivra le même chemin : pilotage, tests, retours… abandon ou remaniement dès l’arrivée d’une nouvelle donne.

Je me réjouis vraiment d’arriver gentiment à la retraite, parce que tous ces changements portent leur quota de brassage d’air, on dirait un homme à la mer qui bat des bras pour rester à la surface. Voilà qui ressemble plus à survivre professionnellement sans qualité réelle, sinon celle des mots, celle de la théorie sur la spécificité des soins à domicile, avec une bonne couche de vernis à la sauce de l’éthique.

On dirait un panettone aux fruits confits, à la fois trop riche et surgonflé. Indigeste.

Un Alka-Seltzer, s’il vous plaît !

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Published by Clémentine
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