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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 17:31

 

 

Bon. Me voilà rescapée de la Fête des Morts mexicaine et d'une semaine de dingue droit derrière, avec ma hanche qui me fait couiner de douleur. Chouette au demeurant, la Fête, mais pour embrayer sur une semaine de délire complet à remplacer la fameuse collègue aux pives, et qui avait accumulé assez d’heures supp’ pour reprendre carrément sa semaine à 80 %.

 

Et puis il y eu ce vote de la honte, outre-Atlantique.

 

Même s’ils sont 200 000 de moins à avoir voté pour le clown que pour la dame, elle perd quand même, avec leur découpage électoral plutôt zarbi.

Ça va être le jour des fous toute l’année pendant 4 ans…

C’est arrivé un jour de merde maximale au taf – j’ai perdu les pédales à en gueuler de rage devant la planificatrice par deux fois, devant les interventions de notre chef d’équipe ; il est à 700 m. de l’antenne, et pense régler des problèmes, alors qu’il en crée de nouveaux. C'est pas sa faute... mais s'il était dans les mêmes locaux que nous, ça n'arriverait pas.

J’avais besoin ni de ça, ni de cette catastrophique nouvelle de là-bas au delà de la Grande Eau.

 

Au final, comme dit une journaliste cynique… Onc’ Donald n’est pas à l’abri de la rédemption. Et puis ce qui aide un chouya, ce sont les diverses manifestations de protestation devant l’élection de ce bouffon raciste et plein aux as.

 

Sinon quoi ?

J'ai médité sur mes deux crises de colère au boulot à cause de l’extrême fatigue cumulée, et leur cortège d’attitudes sans bienveillance de ma part. De manière générale, j’ai regretté toute la semaine, auprès des autres membres de l’équipe, d’avoir été sèche et expéditive. On me comprend, on est cool. Il n’empêche : je mesure très précisément combien les filles peuvent se sentir à bout de ressource, quand elles carburent seules, puisque je remplaçais cette semaine celle qui avait tant d’heures supp’ à rattraper. Ensuite je serai là plutôt en sureffectif momentané, comme prévu, pour faire en somme infirmière de terrain et co-responsable opérationnelle.

 

Ma colère vise le système, qui pousse les gens à bout. Je lutte avec mon impuissance...

 

Revenons à la Fête : Nick et sa progéniture sont venus, ils ont aimé décorer des têtes de morts en plâtre, me bricoler une coiffe de Catrina, se saper de circonstance et se maquiller (sauf la môme) ; manger des spécialités, voir l’autel des morts.

Je m’étais fait une superbe tronche de cadavre avec des fleurs. Nick était en Catrin, complet-veston, très classe.

 

Tout en lui bricolant un visage-tête de mort, on a devisé un peu gravement sur sa relation avec ses gosses – ce qui en lui provoque de l’auto-dénigrement (chez eux), et qui le met en pétard par effet rebond. Plus tard, je lui ai mailé mon ressenti, qu’il les apeurait ou les importunait avec son assurance et ses exigences. Le petit se rétrécit comme une peau de chagrin, la grande l’envoie péter. Avec comme conséquence des engueulades assez raides, j'ai de la peine à assister à ça, ayant vécu un rapport similaire avec mon propre père.

Deux jours plus tard, son loupiot lui disait en effet clairement qu’il lui faisait peur… j’avais eu le temps de dédicacer à Nick mon livre-cadeau, en y glissant gentiment qu’il était pénible à force de tout savoir et de sembler si sûr de lui.

 

Bref, j’avais bon sur le mood du gamin dans ces moments-là. Et j’ai vu mon pote faire une belle prise de conscience quand il a percuté ensuite que ce qui le faisait déraper en rogne, c’était de savoir que le môme allait régresser dans son autonomie auprès de sa mère tout le week-end: père et fils voient bien tout le boulot à faire (comment, c’est une autre histoire…)

Nick se demandait s’il devait écrire à son ex pour lui demander de changer de méthode avec le rejeton, sachant parfaitement qu’elle allait l’envoyer chier, direct ou en actes. Donc peine perdue, et mise en échec programmée.

 

Je lui ai suggéré ensuite, toujours par mail, de commencer par donner à son fils l’autonomie de décision, c’est-à-dire de demander lui-même à sa mère de le laisser se démerder. Pas de triangulation… donc au moins pas le rejet de l’eau du bain avec le bébé.

S’il veut que son crotchon devienne autonome, faut la lui laisser lui-même d’abord. Donc c’est au petit de décider du moment et de la constance avec laquelle il va lui demander ça à sa mère – le gamin est parfaitement au clair sur le fait qu’avec elle, sur le plan où son père veut le faire progresser, il perd ses acquis.

 

J’ai à peine fait signe cette semaine-là, trop KO. Mais l'autre samedi, proposé par SMS de venir leur faire à souper – je m’étais jurée de ne rien branler le week-end et m’en réjouissait à fond - mais juste ça, ça m’aurait fait plaisir. Comme il me répondait "pas la peine puisqu’il était sans enfants pour le week-end", je lui ai proposé de choisir entre solitude et compagnie bienveillante. Il m’a répondu « plutôt solitude » - j’apprécie la franchise, tout en devant gérer un léger sentiment de rejet qui appartient à d’autres comptes ; droit derrière il m’a demandé de quoi moi j’avais besoin. J’ai répondu « entre deux, compagnie mais silence dispo, ressourcement méditatif, hugs et bisous ». Donc il m’a renvoyé plein de hugs et de bisous. Par SMS.

 

On fait ce qu’on peut, mais des fois je me dis que l’on peut trop peu.

 

On fait du chemin ensemble, je le présente comme « Nick » aux gens. Et le terme le plus proche que je peux utiliser à son égard, c’est « compagnon ». On partage le pain parfois, la route aussi…

 

 

La relation a changé en huit ans; dans sa vie j’ai vu passer deux femmes, une relation de 4 ans en même temps et après celle avec son ex-épouse, et se séduire tout seul en hébergeant 5 mois une femme chancelante et touchante, jolie comme un cœur. Tout ça en manifestant son désarroi en tant qu'homme devant les femmes.

On est passés de la même longueur d’onde sur bien des points, puis de collaborateurs dans le projet HEIG, puis d'amie proche à qui il confie ses enfants ici et là, pour finalement en arriver à dormir souvent sous le même toit, et partager le quotidien un peu tout l’été.

C’est seulement depuis ce printemps que quelque chose de fondamental a changé pour moi. Je me tiens toujours à distance du Dom-en-scène, du musicien charismatique devant lequel les filles les plus équilibrées se mettent à battre des cils. Je me méfie toujours de ce côté-là de lui quand je le perçois, que ce soit à cause de mes propres projections ou d’autre chose.

Le fait est que tout en étant très bien toute seule, je m’aperçois que le côtoyer plénifie quelque chose ; j’aime faire les courses et les expéditions en France avec lui, aller faire à manger à la petite famille, apprivoiser la grande, participer à l’éducation du loupiot un tantinet. Je me fous de chialer devant lui en te disant que j’ai eu mal de ses propos, tenus sans même en avoir conscience.

 

J’aime entendre qu'il ne dit presque jamais « je t’aime » - j’ai tant de peine moi-même avec cette locution-là, si galvaudée - j'apprécie quand il me livre sa façon de voir les choses, lorsqu'il peut être authentique; ça tombe bien, il me dit qu'il peut l'être avec moi.

Son amour se manifeste en actes, OK. Mais il faut avoir une certaine force de divination pour le décrypter ! Visage impénétrable la plupart du temps ; capable de jeter un cadeau à la figure… faut s’accrocher. Il y a en lui une certaine arrogance inconsciente, doublée d'une absence de peur... le tout couplé à une tristesse immense (je diagnostique en fait une incapacité à se mettre en rogne - ça suffit pas de se tatouer sa colère sur le poignet, il faudrait le regarder plus souvent pour penser à la vivre).

On est souvent dans la gravité plutôt que la légèreté. Je me sens pourtant connectée avec quelqu’un de rare et de précieux.

 

J’ai de la peine à décrire exactement ce que c’est, une forme d’amour inédite – ça ne rentre dans aucune case connue. J’aime le prendre aux bras, lui gratter le dos, entendre ses ronronnements de contentement, m’occuper de soigner son visage quand la souffrance s’y manifeste en y séchant littéralement, comme s’il essayait d’éliminer une couche de peau malmenée par les événements.

J’aime la confiance qu’il me manifeste, son écoute hors-pair (tempérée de non-reformulation, ça il va falloir que je la lui apprenne), sa perméabilité aux éclairages qu’il réclame. Je fais un bout de chemin étonnant avec lui, depuis que je côtoie plus le Nick des profondeurs que l’image que j’en avais jusque-là et qui me brouillait la vue.

 

J’aime avoir conscience aiguë que la tentation d’ouvrir un livre de comptes est présente, et arriver à éviter de lui faire payer les factures que j’ai avec d’autres hommes ; dont le défaut était d’être des hommes, principalement. J’aime repérer quand je suis en danger de lui coller un archétype gênant, et pour ça il me semble que le simple fait de l’avoir en face de moi et de me souvenir du bonhomme des profondeurs me l’évite.

 

Mais je me suis repliée sur mon environnement ces derniers jours: il avait trop eu besoin de moi pour des urgences, il est trop resté silencieux devant des choses dites et faites qui l’embarrassent certainement. Et la proximité familière a pour conséquence, je ne sais pourquoi, que des pointes peuvent partir de part et d'autre. J'aime pas ce délitage du respect.

On joue sur le fil du rasoir en ce moment, et je ne vais pas me charger de son fardeau.

 

J’attendais qu’il se manifeste pour lui dire que je viendrais désormais sur invitation, au lieu de devancer l’envie de se voir en proposant de venir faire à manger - une offre difficile à refuser, surtout pour un père de famille surchargé.

 

J’avais besoin de retrouver mes marques. Je ne pensais quand même pas qu’il oublierait mon anniversaire – pur hasard s’il m’a envoyé par SMS un bisou et une pensée ce même jour.

 

Mais d’autres m’ont fêtée, Flo m’a invitée à un petit apéro avant l’Aquagym hier, et avant-hier on est allées avec ma sœurette nous taper une selle de chevreuil au Popu, avec garniture goûtue de saison… je lui ai offert la station Bluetooth achetée sur Internet via Nick, et dont je n’ai pas besoin finalement – elle si, elle vit sur trois étages.

On fait nos comptes avec Frangine : plus que 7 ans avant la retraite pour elle, 8 pour moi.

On numérote nos abattis ; moi j’aimerais me casser le col du fémur droit pour qu’on me pose une prothèse de hanche sans me forcer à perdre les kilos qui gênent les anesthésistes, et que je reprendrais allégrement avec un malus en plus. Sans moi, fouchtra. Dans la famille, on calcifie et on minéralise nos soucis, même mon neveu tout juste trentenaire n'y échappe pas.

 

Un sacré mélange de drôles d’idées, s'pas?

 

 

Je continue en solitude ce week-end - une retraite nécessaire pour affronter les retombées de ce que je souhaite le plus au monde à mon cher pote: ne plus avoir besoin de moi. Encore l'autonomie... je me reprends mon concept en pleine poire, et c'est aussi instructif ainsi. On peut pas vouloir se libérer du syndrome de Batman, et se lier avec un homme sans épurer certains vieux fantômes.

 

Mais ce trip de n'avoir ni attente ni nostalgie, c'est juste durcir un besoin de ne pas souffrir en mettant un bouclier d'idéalisme. Tout autant que mon propre fantasme: se libérer des besoins, pour ne se fier qu'à ses envies. Je trouve le mien plus crédible.

Qui peut se targuer de n'avoir ni attente ni nostalgie, sinon en sublimant le tout par la spiritualité? Mais accepter d'en avoir, juste parce que c'est humain, et s'y frotter, en pleurer, ça me semble bien plus réaliste; et bien plus sain.

 

Lundi: les gens sont à cran, c'est palpable; erreurs, perte de maîtrise. Ou alors ils se défendent soit en devenant aigres, soit en venant faire chier margot avec une histoire de semainier à introduire, comme si c'était vital, alors qu'on se débat comme des mouches collées sur la confiote avec une sonde urinaire qui se bouche aux 5 jours.

 

Le seul truc que je connais pour ce genre de blèmes, c'est un rinçage de vessie. Bordel, c'est la 5 ème sonde qui se bouche en 3 semaines, pourquoi ça doit être moi l'intérimaire qui prends le téléphone pour demander au médecin une prescription de ce soin? Putain, merde, j'ai appris ça pendant mon école d'infirmières, et ça fait plus de trente ans que je suis diplômée...

 

Priorités, priorités. Faudrait arrêter de déconner. Au cul, le semainier.

 

 

 

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Published by Clémentine
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