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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 10:35

 

 

Je serpentais hier dans la campagne moudonnoise pour aller voir ma pote Marie-Laure, me perdant entre Peney et Corcelles, flippant sur les plaques de glace ; déjà en retard pour le brunch, j’avais bien pesté en traversant ma ville derrière un conducteur qui devait avoir bloqué son tabotamp à 30 à l’heure.

Et merde, en arrivant sur le plateau du Jorat, tiens, de la neige et ses joyeusetés.

Donc j’avais du temps pour réfléchir derrière mon volant, et me conforter dans ma décision : aller voir un orthopédiste pour envisager la mise en place d’une PTH (prothèse totale de hanche).

Car, c’te fois, ras-le-bol de cette articulation qui coince.

 

C’est vrai quoi : à force de serrer les fesses pour compenser la douleur, je vais pas détendre mon carré des lombes, même si je travaille mes abdos à l’Aquagym et chaque fois que j’y pense.

Voilà 6 ans que je me fais chier avec ça, et les dégâts se font à si bas bruit que j’ai dû faire un effort pour voir clairement que si je continue à bouger le moins possible, et même, certains jours, à bouffer du calmant en cherchant comment avoir moins mal en me calant avec des coussins sur mon lit, ben ça va pas arranger les choses. En plus, régulièrement j’ai le muscle couturier qui râle, et çui-là, pour le faire taire, je peux m’accrocher mes plaquettes de médocs aux oreilles, ça ne marche pas (oh le mauvais jeu de mots, involontaire qui plus est). Et sans exercice régulier et quotidien, j’enfle gentiment.

On est loin des décharges occasionnelles à 220 V, qui me surprenaient quelquefois par hiver… et de mon premier épisode de rhumatisme hydroxy-apatite. Réglé en une heure après 10 jours de souffrance aboutissant sur l’incapacité de lever la cuisse sur le ventre : pour me mettre sur la table d’examen, j’avais dû empoigner ma jambe de pantalon et la lever comme si elle ne faisait pas partie de moi.

 

Là… je m’économise pour arriver à assurer des journées de travail qui me mettent au tapis vers les midis, et le soir je me rapatrie grimaçante à la maison, direction pharmacie et plumard. Le rhumato m'a signé un certificat comme quoi dans mon métier de base, je suis capable à 50%, le reste me confinant à un poste administratif.

 

Ah j’ai une culture télévisuelle du tonnerre de Dieu ! Je dis pas que c’est toujours désagréable, j’adore les documentaires d’astrophysique, et m’extasier sur la preuve des trous noirs par Hubble… tilter sur les derniers progrès en matière de recherche sur les bosons de Higgs… faire le lien entre pulsar et étape de vie d'une étoile...

Dans une autre vie, je pourrais être derrière un écran au SETI. Malheur, les maths et moi ça fait deux, bien que le Nick m’explique les programmes de sa gymnasienne de fille. On en est ces jours aux fonctions réciproques, et je lui parle des points de Lagrange ici et là…

 

Je m’égare.

 

Donc, à la suggestion de ma mentore écrivain public, j’ai appelé le chirurgien qui lui a rafistolé la coiffe des rotateurs. Car en causant avec elle devant un thé au Grütli, je râlais tel le pou en constatant que l'Aquagym du matin, portant précisément sur l'amplitude de la hanche et sa relation avec les muscles de la ceinture, me forçait tout de go à prendre un anti-inflammatoire.

Avant, je dansais, je me baladais, je ne ratais pas une occasion de me dépenser. L’été dernier, balade à Berne avec Nick et sa progéniture : j’étais toujours 3 mètres derrière, et je couinais intérieurement en sentant mon bassin se rigidifier. Je me faisais penser à la petite cousine Elmire qui fait 10 pas et souffle un peu, malgré sa double opération. Bon, elle a 80 balais bien sonnés… mais je me fais pitié, là.

 

Nick s’est constitué une salle de muscu bien fournie ; quand je vois sa fille tenir son programme les jours où elle ne peut aller à son entraînement de patin à glace, je suis presqu’envieuse. C’est que je ne fais que regarder le vélo et l’elliptique en songeant que si je pouvais, j’aurais déjà éliminé l’apport énergétique du jour si les mouvements de piston n'étaient pas le pire truc pour moi.

 

Car j’aime bien manger. Non pas « j’aime bien, virgule, manger », mais « j’aime, virgule, bien manger ».

 

Donc je vais aller expliquer à mon opérateur potentiel que compter sur une perte de poids avant la chirurgie – le truc à la mode qu’on demande… - c’est makache. Charrue devant les bœufs. Et fuck les régimes: perdre 10 kg, en reprendre 12 et ainsi de suite, j'ai déjà - abondamment - donné.

 

Et comme j’ai pu mesurer qu’en 30 ans, les techniques chirurgicales ont sacrément évolué, je peux m’attendre à une semaine d’hospitalisation, puis à trotter comme un lapin, avec une cicatrice de 8 cm sur la face externe de la cuisse. On est loin des trois semaines de pieu, avec techniques très élaborées pour le lever et le coucher, d’un côté puis de l’autre du lit, après 15 jours d’interdiction de charger sur la jambe. On vous fait ça à la colle superglu, et tchao. J'avais pas 25 ans, et je ne me doutais pas que cela allait m'intéresser autant, un quart de siècle et des miettes plus tard.

 

Je passerai plus les portiques d’aéroport sans affoler le grelot… mais en matière de rééquipement interne, je suis loin de ma génitrice qui cumule deux prothèses de genou et une dans l’épaule.

 

A Robocop, Robocop et demi.

 

 

 

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Published by Clémentine
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