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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 10:59

 

 

Je guette le lilas et le frangipanier devant chez moi, ça pétouille un peu vu les valses-hésitations de la météo.

J’ai envie de pompons roses dans les arbres, j’ai envie de coller mon nez sur une hampe violette odorante, allez, vazy, décide-toi le printemps.

 

Ces jours je glandouille - la fatigue de saison, je peux heureusement l’encaisser en satisfaisant mes besoins en sommeil ces temps-ci.

Le chat est assez tranquille, certes il continue de s’arracher les poils du dos. Je ne vais pas chercher à l’en empêcher, à moi il a fallu un quart de siècle pour cesser de me ronger les ongles, et encore, ce vice revient sournoisement à la surface ici et là – tu sais, les petites peaux qui dépassent, tirer dessus avec les dents en anticipant la petite douleur de la mise à nu… victoire complète si j’arrive à enlever seulement ce qu’il faut, délice suprême si ce qui vient est la simple couche cornée couvrant une ancienne blessure. La gloire du serpent qui mue proprement, quelque part.

 

Le chat, disé-je. En bon raminagrobis soucieux que sa colocataire ait autant à manger qu’elle lui donne de croquettes, il ne manque pas une occasion de me ramener des bestioles, des feuilles mortes, de menus cadeaux parfois bizarres : hier en me réveillant dans la pénombre, je mets la main à côté de mon oreiller et tombe sur un truc curieux. De la taille d’une noisette, rond, froid et dur, visqueux aussi : j’allume ma lampe, je vois un tout petit escargot encoquillé, l’opercule humide me disait qu’il était vivant. Retour à l’herbe fraîche. J’imagine la délicatesse qu’il lui a fallu, à mon Zorro, pour me ramener sans le fracasser ce mollusque tout jeune.

 

J’ai du temps pour réfléchir, j’ai signalé à Nick que je me retirais un peu de la scène ces prochains temps, besoin de mettre en ordre le discours que je vais lui tenir : lui dire que les décibels en famille me feraient fuir à l’avenir… l’inviter à se décharger de la trop lourde tâche de driver son rejeton quand lui-même revient de sa journée d’enseignant-chef de projets divers ; qui plus est se prépare à une soirée de mise au point de contrats ou de traduction d’articles, en allant se pieuter à deux heures du mat’, pour se relever à 6 30 et coacher le départ pour l’école de Junior. Tu m’étonnes qu’il se reprépare gentiment pour un deuxième burn-out… tablant plutôt sur une révision de son cahier des charges d’enseignant.

En même temps qu’il a cessé de prendre des médocs, je le trouve progressivement plus tranchant, moins perméable – voire à la limite du pédant (ce que lui reproche son doyen). C’est bien de se fâcher pour préserver son confort, mais il ne faudrait pas oublier de ne pas humilier son gamin en public. C’est avec ses propres idéaux qu’il doit lutter, pas avec la cervelle Asperger de son fils.

 

J’attends qu’il me fasse signe vu que nous devons assurer un séminaire annuel ensemble ces prochaines semaines.

 

A part ça, il a rencontré en même temps ma sœur et mon neveu bédéiste, à la petite exposition de vignettes que ce dernier a montée dans un chouette petit café assorti d’une antique piste de bowling. Un moment d’émerveillement pour moi, à regarder ses dessins, où ce surdoué également féru de composition et de jeu de guitare arrive à montrer la lumière de l’ombre… En même temps, un écorché vif qui se livre peu.

 

 

Je vois une de mes ouailles cet après-midi ; on remet en ordre ses écritures, il faut que je lui montre des astuces pour ne pas refaire le travail déjà fait, pour simplement l’augmenter des détails sur lesquels on a mis la main ensemble en explorant des analyses de situations, destinées à mettre en valeur ses compétences.

Donc, retour aux coloriages… lui montrer comment extraire avec efficience des bouts de texte, en restant dans un thème précis, et les replacer au bon endroit, dans la bonne partie d’un autre texte. En vrac d’abord, puis en les ordonnant de manière logique.

 

Avec l’autre cliente, ça commence à prendre forme, je vois qu’elle commence à avoir la vista, à mettre en relation plusieurs thèmes vus en cours, pour en faire un tout. Elle met en ordre sa boîte à outils, en somme, et découvre qu’elle a des ressources à réveiller. Il serait temps, ses exas finaux se profilent…

 

Et pour ma part, logiquement vu que je m’éclate dans ce rôle de répétitrice, je tricote doucement des offres à des institutions où exercer au mieux mes talents de formatrice. Je vois bien que se profile un avenir, non pas au service d’un seul employeur, mais en plusieurs mandats à agencer entre eux. Entre une heure passée sur le terrain des soins et la même durée avec un apprenant, la satisfaction passe du simple au double, et la paie, au tiers. Alors y’a pas photo, comme disait l’autre.

 

Donc, vu que j’ai le privilège d’exercer une première profession où je peux poser dans ma semaine des plages de travail matin, après-midi et soir, eh bien pourquoi ne pas retourner à un poste où cela est possible.

Tout en respectant mes limites, histoire de revenir à la maison en paix, après une journée de travail.

 

Non mais.

 

 

 

 

 

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Published by Clémentine
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