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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 11:05

 

 

Séance EMDR il y a trois semaines (et j’y retourne tout à l’heure). Je suis montée tranquillement le long de la Corniche, il faisait déjà 27° dans le village – un vrai plaisir d’arriver dans la thérapie toute fraîche…tout est relatif, il y faisait 23°.

J’ai donné les dernières nouvelles : bilan HP positif, et un nouvel éclairage sur ce qui me conduit à zapper mentalement quand quelque chose m'ennuie - et qui m’a précisément amenée à l’EMDR.

 

J’avais bien fait mes devoirs cette fois-ci, mes fiches étaient remplies d’idées à traiter.

Rien de prémédité donc, et je pensais vraiment que l’épisode le plus douloureux à traiter le serait seulement dans quelques semaines.

 

Je ne sais pourquoi, la thérapeute choisit précisément cette mésaventure pour aujourd’hui… et pourquoi pas.

On se lance, et 45’ plus tard, je suis passée de la panique mentale devant mon père qui se fout en rogne que je n’arrive pas à lire l’heure sur sa petite horloge confectionnée avec soin… à la paix de pouvoir lui dire « bon, ça suffit maintenant, je ne veux pas de ça ».

 

Et une envie de rattraper le temps perdu à faire l’autruche devant les maths en général, c’est-à-dire à ignorer soigneusement le problème, pour arriver au bac sans avoir ouvert une seule fois trois ans de fascicules.

 

Sur le chemin du retour, d’abord guillerette, je vire à la stupéfaction puis des larmes de soulagement – quoi, ce truc m’aura empoisonné la vie près de 50 ans durant, et il a suffi de trois quarts d’heure pour le ramener à sa juste proportion ? « Dommage pour le gâchis » ? Gâchis de quoi, gâchis dans la relation avec le paternel, gâchis de mes possibilités logico-mathématiques – comme si un ticket d’entrée à la fiesta générale m’avait été refusé…

 

Besoin de partager, je me dirige donc à travers la campagne vers la maison de Nick, va savoir qui sera là et pourra recevoir mon trop-plein de joie ?

En arrivant, je vois qu’aucune des deux voitures n’est là, mais je vois le chignon de la fille de Nick à la cuisine. Elle m’accueille en me demandant si je sais ce qui est arrangé pour cet après-midi, heu, non…

En revanche, je lui dis ce qui m’est arrivé, et c’est pas plus mal qu’elle le reçoive elle, vu sa propre panique devant les maths. Elle me répond en rigolant qu’elle a réussi ses examens !

 

On est bien, toutes les deux !

 

Après avoir mangé quelques tartines et parlé à Nick au téléphone, juste pour lui annoncer mes grandes nouvelles (HP positif et levée de l’embargo mathématique sur ma cervelle), je repars chez moi, avec quelques courses faites au passage.

 

Non sans demander à la future certifiée de me montrer ses fascicules de maths quand elle sera au gymnase cet automne, je songe même à prendre des cours basés sur mes besoins, donc je fouillasse le net pour trouver des applications pragmatiques des principaux trucs non-vus pendant les trois ans avant le bac, va falloir que je rattrape deux-trois choses !

 

Mathématiques appliquées, voyons voir… les probabilités, ça sert en statistiques, boâf… bref, je vais avoir besoin du Nick, fort en maths, pour faire le joint entre ce qu’il y a à disposition et ce que je pourrais utiliser de la branche dans le quotidien.

 

Et va savoir, pour faire le joint entre sa fifille et lui… rien de pire qu’un papa fort en maths pour terrifier la progéniture qui n’en a pas le don.

 

Xxxx

 

Quelques jours plus tard, le hall a repris un visage plus dégagé… il reste ma pièce à moi, déjà un peu plus claire mais pas encore au top.

Et puis j’ai pris quelques rendez-vous chez le doc et le véto ; pour moi, un check-up, pour Zorro, ses vaccins annuels… et un poids amélioré, ce que je constate en le tripotant comme d’habitude pour déceler les blessures qu’il s’inflige en disputant le territoire avec le Micio d’à-côté : des creux, des plis de peau… ce sera jamais un chat svelte, c’est une carrure de toute façon, mais, plus que le retour de ses instincts de chasseur… puisqu’il bouffe ses proies, c’est le signe que la faim et le largage de quelques kilos le guident aussi plus loin que son jouet distributeur de croquettes.

 

Un peu d’aquagym me fait du bien – je ne savais pas que les muscles du tour de taille pouvaient faire mal, par contre je file doux avec les mouvements sollicitant la hanche. Si la journée de taf est hard, je finis en marchant les fessiers serrés comme si je voulais casser une noix brésilienne, et à petits pas un peu courbés. L’été, les cours se donnent dans un bassin face au lac et aux montagnes, cadeau supplémentaire.

 

Cette période, c’est un peu comme être en vacances : les petits magasins et commerces de la ville où je bosse sont une découverte pour moi, comme les petits restos dont je ramène un doggy-bag pour le soir avec moi. J’ai fait l’acquisition de deux pantalons d’été, il était temps, je canne dans mes jeans.

Je prends mes habitudes de pause quand elle est prévue… je commence à capter la logistique et le plan des rues et des enclaves vaudoises… et puis la responsable s’est amadouée, je me suis aussi détendue ; je lui ai chanté une petite chanson hier en répartissant les feuilles d’heures signées entre elle, moi et l’agence : « Quand tu seras dans la purré-é-heu, rreviens vers moi, rreviens vers moi… j’aurai toujours une trranche pané-hé-eu, une pourr toi, une pourr moi ». Ça l’a fait rire. On avait précédemment échangé sur une question éthique : en réseau avec le médecin, le curateur et la cliente, quel besoin d’évoquer l’odeur de joint qui régnait lors d’une visite ? Aucune si les soins à donner n’en sont pas précarisés. S’est ensuivi un échange sur notre expérience respective du haschich : nulle pour elle (ça manque à sa culture dit-elle, et décevante pour moi, il y a bien 40 ans… j’aime mieux une bonne tartine.

Alors comme ça, ça va, on est dans l’apprivoisement mutuel.

 

 

Certes je bosse, et heureusement, avec plaisir et engagement. Mais avec ces petits plaisirs que je m‘offre au passage, ça allège la mission. Simplement, en bonne hypersensible, je râle de trouver assez systématiquement détruits mes raccords électriques pour alimenter les batteries de mes outils mobiles, ou un ventilateur déposé dans ma mangeoire, sur des documents désormais froissés, ou encore, complètement bousillés sur ma place de travail, des repères visuels bien pensés pour que je n’oublie rien. Faut que je me fasse ma place, et pas seulement quand je suis au bureau. Et puis il y a des gens plus agréables que d’autres, que veux-tu Simone, c’est la vie. Une fois de plus je constate que pour résister à la pression si l’on n’est pas au mieux de sa forme et de ses possibilités, le choix de la stratégie pour encaisser ces rythmes de dingue va de la somatisation régulière à l’adoption d’un comportement odieux, en passant par le burn-out. En résumé : ou tu te fais mal au corps, ou tu grilles un fusible, ou tu deviens une mégère. Voilà qui pourrait faire un bon documentaire : « Le soignant qui se soigne mal II, le retour ».

 

Dans les à-côtés sympas, être conviée à un midi canadien à l’improviste… mais que l’équipe se programme une fois par mois ; et de voir que les planificatrices pensent à tirer sur papier mon plan de route pour la journée, vu que sans cet instrument je dois me taper la lecture quasi-intégrale du dossier de chaque client.

Mon statut de remplaçante au long cours me met à cheval entre une activité de terrain qui m’oblige à déléguer des actions, et des moments de rencontre avec les unes et les autres pour régler des planifications. Le popotin entre deux chaises, quoi. Donc j’ai demandé à avoir des plages réservées pour ce faire, et personne n’a chouiné pour me les accorder.

 

Séance productive au demeurant, qui m’apprend des stratégies, clarifie des prises en charge, et met de la confiance dans les délégations qui me sont faites, histoire de respecter le cadre super-contraignant de l'association - on va bientôt protocoler comment rentrer les pissous et cacous dans le rapport d'activités... et les épisodes de dérangement intestinal bouleverseront le taux de support - la locution qui cache la réelle nature du calcul, à savoir le rendement du collaborateur…

Dialogue surréaliste en vue : « Pourquoi es-tu moins productive cette semaine ? » « Parce que j‘ai la chiasse ET une infection urinaire, chef ! »

 

J’ai également réussi à terminer l’administratif pénible qui traînait, donc à faire ce que je dois pour recevoir mes sous. Voir rentrer un salaire entier au milieu du mois, ça fait du bien !

 

Il pleut par intermittences depuis hier, ça brumise, ça donne un peu de répit.

 

Donc, retour en EMDR cet après-midi. Surprise, surprise…

 

 

 

 

 

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Published by Clémentine
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